Il y a un an, jour pour jour, que Mohamed Bazoum, Président légitime du Niger, sorti des urnes, issu du suffrage universel , donc émanation de la souveraineté populaire , a été renversé par celui-là même qu’il a eu le malheur de commettre à sa protection, à peine son premier mandat entamé, sous les meilleurs auspices.
Mahamadou ssoufou auquel il venait de succéder avec brio , dans la transparence électorale , sous le label démocratique , a armé, traîtreusement, le bras de l’officier indigne pour mettre fin à sa présidence prometteuse, en réalité, briser le rêve d’un Niger meilleur et exemplaire dans un Sahel mouvant et une Afrique hantée, en proie à une instabilité chronique, à un regain de tensions sécuritaires, à une montée en puissance de la délinquance militaire caractérisée par une prolifération de coups d’Etat.
L’ alternance démocratique et pacifique réussie au Niger fut un baume au cœur de patriotes africains désespérés et de démocrates frustrés. Hélas, le Général Tiani a tiré le mauvais numéro, en perpétrant son coup d’Etat au moment où son pays était sur les rails, sur une bonne pente , se révélant ainsi un homme irresponsable et inconséquent. Il ne se remettra jamais des condamnations unanimes contre son acte hautement répréhensible et continuera d’avoir le sommeil troublé par sa conscience très chargée, pour avoir trahi son Président, et d’infliger à son peuple les pires souffrances de son existence et de son histoire. Les Nigeriens, ont cédé aux sirènes révolutionnaires comme d’autres avant de réaliser que la monotonie d’un régime normal et la lassitude démocratique parfois sont préférables à l’aventurisme d’Etat et son rouleau compresseur, au régime despotique des militaires fossoyeurs. Si c’était à refaire, il est certain que plus personne ne se rangerait derrière des juntes ou ne leur ferait confiance dans un pacte quelconque.
Mohamed Bazoum a été déposé contre le cours de l’histoire, dans l’absurdité, uniquement, pour contenter Issoufou Mahamadou qui a passé la main, malgré lui, aussi, pour satisfaire les bas instincts pouvoiristes du traître Tiani.
Le Président déchu, retenu contre sa volonté, depuis de longs mois maintenant, dans la solitude de l’épreuve et les aspérités de la détention, garde la tête haute et n’entend pas se plier à la volonté de ses geôliers en demissionnant de ses fonctions donc en renonçant au mandat que le peuple souverain du niger a bien voulu lui confier, sans ambages. Il n’a pas cédé à l’intimidation, au chantage, au harcèlement : droit dans ses bottes, à ses bourreaux, il oppose une résistance héroïque et silencieuse qui laisse entrevoir quil n’est pas homme à trembler devant les armes, à brader son honneur et sa dignité, si chers à lui. Il sait qu’il est plus libre, ayant accompli son devoir, fidèle à ses principes et convictions, resté loyal à son peuple que ceux qui l’ont destitué , arbitrairement et continuent de le séquestrer, honteusement.
Lui, n’a rien perdu, eux, n’ont rien gagné et savent leur sort scellé, leur aventure sans issue.
Entre quatre murs, l’otage d’une junte furieuse, homme cultivé et éclectique , sait que la prison n’a rien d’avilissant , qu’elle mène souvent à destin exceptionnel, à l’image de Nelson Mandela qui, après 27 années passées dans les prisons de l’apartheid, est entré dans la légende, à présidé aux destinées de l’Afrique du Sud. Une belle revanche sur la vie.
La détermination du Président Mohamed Bazoum et son engagement personnel inspirent d’autres patriotes Nigeriens qui sont entrés en résistance contre la junte au pouvoir en usant de tous le moyens, y compris, le recours à la lutte armée, pour rétablir l’ordre constitutionnel et l’Etat de Droit. Un combat du bien contre le mal, de la vertu contre le vice qui peut être compliqué mais ne connaît pas d’échec.
Bazoum triomphera, la démocratie ne sera pas vaincue.
Samir Moussa
