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KISSIDOUGOU : Immersion à Kongola-loundi, le district qui avait enregistré 65 victimes d’Ebola

24 juillet 2024
KISSIDOUGOU : Immersion à Kongola-loundi, le district qui avait enregistré 65 victimes d’Ebola

Kongola-loundi est l’un des 10 districts de la sous-préfecture de Fermissadou pombô, situé au pied du mont Kongo woulén, à 23 kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou. Avec ses 5 secteurs, le district de kongola-loundi a une population relativement jeune estimée à plus de 2500 habitants, qui pratiquent l’agriculture et le petit élevage comme activités principales.

Cependant, l’histoire récente du district de kongola-loundi est marquée par l’épreuve douloureuse de l’épidémie à virus Ebola, qui avait sévi en Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016. En effet, ce district est tristement célèbre pour être considéré comme l’un des plus grands foyers de l’épidémie en Guinée, avec un triste bilan humain de 65 personnes tuées. Ainsi, des lourds souvenirs de cette étape sombre du passé de ce district continuent de hanter les esprits de ses habitants. Les conséquences étaient énormes: la quarantaine, une localité entière exposée à la stigmatisation, des familles entières dévastées, des dizaines d’enfants rendus orphelins, des villages dépouillés de leurs bras valides et le traumatisme quotidien.

Aujourd’hui, 8 ans après cette tragédie, rien ne semble stopper la galère des populations de kongola-loundi. En tout cas, la communauté a du mal à se relancer économiquement.

Pour mieux comprendre le passé et le présent de cette localité, notre correspondant régional s’est aventuré dans les pays lélés à la rencontre des habitants de kongola-loundi. Avant tout d’abord, Fodé Mansaré, le Président dudit district a accepté de revisiter le passé avec nous.

‘’Ma communauté a vécu l’enfer avec Ebola. Nous avions perdu 65 âmes pour ne citer que ceux qui sont décédés ici, car il y en avait qui avaient rendu l’âme au centre de traitement Ebola à Guéckédou. La plupart des victimes étaient des jeunes gens, des bras valides et des enfants. Pendant la quarantaine, c’était une prison à ciel ouvert. En ma qualité de premier responsable du district, je remontais les informations à chaque nouveau cas de décès ou de maladie. Certains corps sans vie pouvaient passer deux jours dans les maisons sans être ramassés par la Croix-Rouge. Même pendant la période post-Ebola, on était stigmatisés, et parfois même, quand on se rendait en ville pour faire des achats, les commerçants ne prenaient pas notre argent et chacun avait peur de nous, donc, on était obligés de faire tout entre nous ici.

Après l’épidémie, l’État et ses partenaires avaient commencé à nous assister, surtout les orphelins. Mais malheureusement, cette aide était de courte durée et aujourd’hui, c’est nous-mêmes qui nous occupons de ces orphelins. En vérité, Ebola nous a dévasté et il fallait reprendre tout à zéro. Tout était bouleversé. A cause de la maladie, nous n’avons pas pu faire la récolte de nos champs’’, s’est-il souvenu.

Continuant, le président de district n’a pas manqué de signaler les difficultés actuelles auxquelles sont confrontés les paisibles habitants.

‘’Le manque de route et pour cela, vous-mêmes vous êtes témoin. Il faut être courageux pour venir ici surtout en cette période hivernale. A cause de l’état dégradé de notre route, les gens ne viennent plus à notre marché hebdomadaire et les paysans ont de sérieux problèmes pour l’écoulement de leur production. C’est pas encourageant. J’invite les autorités de faire le reprofilage de cette route qui va jusqu’à Guéckédou. Ensuite, nous avons un seul forage et chaque soir, les femmes se disputent à cause de l’eau. Ensuite, nous sollicitons l’accompagnement des projets agricoles, car nous avons de vastes domaines cultivables, mais pas assez de moyens pour les exploiter. Jusqu’à présent, chez nous ici, il n’y a pas de réseau téléphonique pour effectuer un appel téléphonique, c’est tout un calvaire, il n’y a pas d’antenne. Nous lançons un appel aux ONGs et à l’État, de continuer le programme d’accompagnement des familles victimes d’Ebola’’, a-t-il sollicité.

La gent féminine du district fait face à des difficultés spécifiques. Awa Mansaré, présidente des femmes, porte leurs voix. ‘’Une femme ne peut pas être heureuse dans son foyer en l’absence de l’eau, car tout se fait avec de l’eau, mais ici, nous n’avons qu’un seul forage et chaque soir, c’est des attroupements et des disputes entre nous à cause de l’eau. Nous avons besoin de deux à trois forages au moins. Parfois, quand ce forage tombe en panne, nous partons loin dans l’autre secteur pour chercher de l’eau. Le poste de santé qui est là n’est pas équipé et cela amène des difficultés pour des femmes qui accouchent ici. Ensuite, nous les femmes, nous nous sommes organisées en coopératives agricoles, il y en a trois. Nous faisons bien le maraîchage, mais nous n’avons aucun accompagnement venant de l’Etat. Nous sollicitons leur aide, afin de booster notre productivité. Notre district est réputé pour sa forte production de taro, de l’huile de palme, de colas, de fonio et de café’’, a-t-elle déclaré.

L’assistance sanitaire dans cette localité reste à désirer, car les 2555 habitants du district doivent se contenter d’un seul poste de santé qui manque presque de tout. Ledit poste de santé de 6 salles sans électricité n’a que 2 lits. Simone Manty Mansaré, est cheffe de ce poste de santé. Elle relate les difficiles conditions de travail.

‘’Ce poste de santé est confronté à un manque d’électricité et cela rend le travail difficile pour mon équipe de 4 matrones. Ici, la plupart des malades et des femmes qui accouchent viennent souvent la nuit ; donc, nous sommes obligées de nous débrouiller avec les moyens de bord. Il y a aussi un manque d’équipements de travail comme la balance par exemple. En ce qui concerne la fourniture en médicaments, c’est appréciable. On me fournit chaque fois les médicaments que je sollicite et il y a une bonne collaboration entre la communauté et moi’’, a-t-elle fait savoir.

À signaler qu’après le lélékan et le malinké, le soussou est la troisième langue la plus parlée dans cette localité. Ce phénomène s’explique par le fort brasage culturel entre cette communauté et les localités de Wonkifong et Manéah, dans la préfecture de Coyah.

 

Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

(+224) 610 454 552

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