C’est un constat qui est visible partout dans le pays et qui continue de mettre la police routière dans une totale lassitude. Cela n’est rien d’autre que le non-respect des panneaux de signalisation dans la circulation par les conducteurs d’engins roulants, dont plusieurs préfèrent violer flagramment la loi sans même s’en soucier.
Pour toucher du doigt la réalité, notre correspondant basé dans la commune urbaine de Mamou, a constaté de visu cette pratique qui semble préoccuper la police routière. Dans la ville carrefour, ils sont nombreux ces citoyens qui disent ne rien comprendre par rapport à l’interprétation de ces feux tricolores.
‘’Moi je suis conducteur il y a quatre ans de cela, mais franchement, j’ai du mal à interpréter ce que ces feux tricolores là signifient. Mais peut-être que je les respecte, parce que quand je vois certaines personnes s’arrêter, moi aussi je m’arrête. S’ils bougent, moi aussi je bouge. Mais personnellement, en regardant comme ça, je ne sais pas ce que ça veut dire. Le gouvernement doit nous aider, parce que on ne sait pas lire. On n’a pas été à l’école française. C’est Franco-arabe que moi j’ai fait au village. Et vous savez là-bas, nous on n’a pas besoin de ces choses là, on roule du village au champ pour travailler. Les panneaux là, c’est pour ceux qui ont étudié. La police n’a qu’à chaque fois nous pardonner. Le jour où nous aussi on va comprendre, il n’y aura pas de problème’’, s’est exprimé Oumar Sidibé.
Pour Joséphine Bilivogui, la responsabilité dans le cadre du non-respect de ces feux tricolores est partagée. ‘’Pour moi, et la police et nous conducteurs d’engins roulants, nous nous partageons tous la responsabilité. Quand je prends d’abord nous citoyens, la Guinée est un pays à majorité analphabète. Certains en voyant ces feux tricolores, pensent que c’est une façon de décorer le carrefour et l’embellir juste. Donc ces personnes pareilles, quand elles viennent dans leurs voitures ou sur leurs motos, elles sont séduites en voyant ces variations de couleurs tantôt rouge, tantôt verte, ainsi de suite, mais elles ne comprendront rien de ce que chaque couleur exprime pour les usagers. Mais faut-il les blâmer toujours ? Je crois que non ! Au contraire, il faut les sensibiliser, passer par les syndicats et même dans les écoles, dans les quartiers, pourquoi pas pour réussir la mission ? Il ne s’agit pas à chaque fois de sanctionner, mais il faut former et informer le guinéen.
Je vous parle en connaissance de cause, parce que mon frère, ceux et celles qui ignorent ces trucs pareils là, je vous assure quand ils partent dans d’autres pays, ils feront tout pour comprendre comment la circulation fonctionne là-bas.
Quant à la responsabilité de la police, d’abord, moi je voulais être policière en Guinée, en ce moment, j’étais en Guinée-Bissau, mais mon grand frère m’a dit de ne pas venir postuler, qu’il préfère que je fasse la douane. Mais malheureusement, rien n’a porté fruit pour moi, mais je fais autre chose dans la vie actuellement. Ce que je veux dire, c’est que la policière guinéenne, osons le dire, a perdu le mythe qui entourait sa bravoure. Au Sénégal, le policier ne court pas derrière un conducteur d’engin pour quoi que ce soit. C’est le conducteur lui-même qui viendra trouver le policier.
Même si, par exemple les feux tricolores dont on parle, un chauffeur viole la loi, le policier enregistre juste le numéro de sa plaque où indique la marque de l’engin à ces collègues qui sont devant au téléphone et puis il continue son travail. Ce même chauffeur, quoiqu’il dira devant quand on l’arrête, est tenu obliger de se retourner même à mille kilomètres pour venir réparer ce qu’il a gâté, suivi d’une sanction qu’on l’infligera et puis on le laisse partir. Mai chez nous ici en Guinée, la police est ridiculisée’’, a-t-elle fait savoir.
Il faut tout de même rappeler que la police routière de Mamou se bat comme elle peut, pour jouer sa mission régalienne dans la circulation, afin que ces feux tricolores soient respectés par les usagers de la route.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
