6 Avril 2022, 6 avril 2024 ! Un peu plus de deux ans, jour pour jour, une éternité, que l’ancien Premier ministre de Guinée et figure de premier plan de l’échiquier politique et de l’histoire nationale, ainsi que d’autres illustres personnalités du pays croupissent en prison dans des conditions indignes de leur rang, contraires à leur place qui ne procède pas du hasard ni de l’imposture dans la République des Lois et des valeurs.
Si, au début, avec toutes les passions, les différentes manipulations d’une opinion de bonne foi et crédule, on a pu douter que ces grands hommes soient innocents, aujourd’hui, on est certain qu’ils ne sont coupables de rien, sinon que d’avoir été à un moment donné de leur vie dans les plus hautes sphères de l’Etat. Un parcours, hors du commun, qui ne plaît pas à tout le monde, surtout aux usurpateurs et imposteurs qui osent croire qu’ils ont le pouvoir d’arrêter l’histoire et de disposer de l’avenir de chacun à leur guise.
Bercés par l’illusion de l’éternité, ils pensent avoir droit de vie et de mort sur des citoyens qu’ils traitent comme leurs sujets. Ni légitimes, ni méritants, nés d’un accident de l’histoire, ils sont affolés devant meilleurs qu’eux. Ils souhaitent, bêtement, profiter du vide que la purge engagée par eux, au détriment du pays, occasionnera, à terme. Bien sûr et ce n’est pas acquis d’avance, à condition que tout se passe comme ils le prévoient dans leurs plans sur la comète.
Le mérite fait peur aux nouveaux maîtres du pays qui y voient une menace contre leur pouvoir arraché par la force, qu’ils espèrent garder en tuant dans l’œuf par l’intimidation et la répression toute velléité successorale. Kassory Fofana qui, de tout temps, se montre bon pour les autres et reste encore utile à sa Guinée qu’il continue de porter dans son cœur, malgré toutes les offenses et les brimades subies dans sa vie, loin d’être un fleuve tranquille, ne mérite guère de connaître d’autres servitudes que celles de l’Etat et des combats politiques. S’il n’avait pas la foi du charbonnier et n’était pas un homme qui avait été déjà confronté dans un passé récent à l’épreuve de la solitude, tout autant qu’à la violence d’être trahi par les uns, abandonné par les autres, il serait mort plus de déception qu’il n’aurait été emporté par le dénuement et l’infamie d’une longue, pénible et injuste privation de liberté. Il sait plus que quiconque dans les hauts qu’il a connus, les bas qu’il traverse, qu’on ne peut compter ni se fier à ses compatriotes, lorsqu’il s’agit de s’engager pour des causes nobles, de combattre l’injustice et l’oppression qui concernent les autres et donc, n’est l’affaire de personne.
Le pays ne sait pas s’indigner, les citoyens ne connaissent pas la révolte. Tant pis pour la Guinée, pour les personnes qui ne veulent pas de pacte avec le diable et entendent tomber les armes à la main à défaut de triompher avec leurs convictions et de pouvoir libérer leur peuple de toute forme d’esclavage.
On est toujours seul dans la lutte et dans les moments difficiles de la vie alors que l’on est sollicité, courtisé, adulé, déifié…quand on est au faite de sa puissance et dans la plénitude de ses moyens. Où sont donc passés les soutiens zélés, les amis inconditionnels, les militants engagés, bref, tous les fous de Kassory Fofana et d’autres au moment où ils doivent le plus se faire voir et entendre, ne serait-ce que pour faire savoir à l’ancien Premier ministre qu’il n’est pas seul au monde, qu’il a encore des ressorts puissants d’un véritable bouclier populaire ?
Ehhh, la Guinée, ah les Guinéens !
Une leçon pour tout dirigeant qui voudrait se croire invulnérable et intouchable pour toujours, convaincu d’être populaire et indispensable aux autres et à son pays.
Courage aux suppliciés de la République et citoyens brimés. Le temps est le second nom de Dieu qui est vérité et justice.
Edito de Madiou BAH, Rédacteur en chef du site Lerevelateur224.com.
