Démarré depuis le 28 septembre 2022, le procès des douloureux évènements du 28 septembre 2009 se poursuit toujours au tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la cour d’appel de Conakry.
Alors que les autorités de la transition avait fait savoir qu’il devait se dérouler dans une période de 8 mois, tout porte à croire qu’il semble être de nos jours loin de connaître son épilogue. A Mamou, plusieurs citoyens que nous avons interrogé ce samedi 09 mars 2024, n’ont pas manqué de faire savoir leurs inquiétudes par rapport à cette situation, qui pour eux, traîne toujours les pas pour faire jaillir la vérité au grand jour.
‘’Bientôt 2 ans, cette affaire peine à faire éclater la vérité. Je sais que ce n’est pas facile de situer la culpabilité des uns et des autres dans ce procès de grande ampleur, mais je m’inquiète sur deux choses : La première, c’est les moyens de bord pour aller jusqu’au terminus. Les moyens matériels et financiers seront-ils toujours au rendez-vous pour permettre à ce que tout se passe à merveille ? Les autorités de de la transition pourraient-elles assumer tous leurs engagements dans le financement de ce procès quand on sait que tous ceux qui doivent contribuer à la manifestation de la vérité ne se trouvent pas tous en ce moment dans le pays ?
Deuxième chose, c’est la lenteur avec laquelle travaillent les magistrats qui gèrent ce dossier. C’est d’ailleurs ce qui fait aujourd’hui que peu de personnes suivent ce procès en Guinée. Il y a beaucoup de reports dans le procès’’, a déclaré Abdourahmane Bah, professeur de philosophie, avant d’interpeller les magistrats à œuvrer pour que ce jugement soit une réussite totale.
‘’Le message que j’ai à adresser aux autorités, c’est de faire tout leur possible pour travailler d’arrache-pied, afin que cette lenteur qui perdure soit corrigée le plus vite que possible. Aux magistrats, d’arrêter de s’attarder sur des futilités, car plus ils s’attardent sur ces questions, plus on perd un temps précieux qu’on doit en profiter’’, a-t-il interpellé.
Même son de cloche chez Alpha Djibril Kamara, un autre citoyen de la ville Carrefour. Lui, reste sceptique quant au déroulement normal de ce procès.
‘’Je ne suis pas très sûr que la vérité sera trouvée dans ce procès là. Il y a beaucoup de lenteurs. Je me demande si c’est pas quelque chose qu’ils sont en train de tramer pour tromper la population. C’est pourquoi, moi je ne le suis pas, ça fait très longtemps. Sinon, au début, je pouvais passer une nuit blanche juste pour suivre ce jugement. Je doute beaucoup actuellement de la façon dont il se déroule.
Vous pouvez constater vous aussi en tant que journaliste que vous êtes et vous comprendrez que la population, en tout cas à Mamou, 80% je peux dire, ne s’intéressent plus à ce procès. Et la cause de ça, c’est l’État. Ce procès du 28 septembre 2009 a beaucoup duré, alors qu’on nous a dit dès son commencement, qu’il va durer juste 8 mois. Mais bientôt 2ans. Qu’est-ce que ces gens là font pour ne pas montrer la vérité dans cette affaire. Même le procès des gangs, si je me souviens bien, n’a duré que 8 mois. Donc, qu’ils nous disent la vérité ou bien, de passer les dossiers à la CPI pour que justice soit rendue. C’est aussi simple que ça’’, a-t-il invité.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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