Contre toute attente, une manifestation spontanée a éclaté ce jeudi 1er février 2024, à Kaloum, centre administratif de Conakry, la Capitale guinéenne. Elle a paralysé toutes les activités. Et pour cause : des sinistrés de l’explosion du dépôt principal d’hydrocarbures ont érigé des barricades sur la route, bloquant ainsi l’accès au centre-ville dans la matinée. (Crédit photos: Balla Yombouno).

Ces citoyens victimes de l’incendie du dépôt principal d’hydrocarbures à Kaloum ont manifesté pour dénoncer le non-respect des promesses tenues par la junte au pouvoir à leur égard. Visiblement, ils déplorent le manque d’équité dans la distribution des dons qui leurs sont offerts par leurs compatriotes et réclament par ailleurs, la reconstruction de leurs bâtiments.
Dans la foulée de cette manifestation spontanée, les manifestants, à majorité des femmes, ont barricadé la route, histoire de se faire entendre par les autorités de la transition. L’accès au centre-ville était quasiment impossible dans la matinée.
‘’Nous sommes là pour dénoncer le comportement de la Gouverneure de la ville de Conakry, envers les victimes de l’incendie de Coronthie. On s’est rendu au Gouvernorat pour interpeller la Gouverneure, mais la dame nous a carrément dit qu’elle n’a rien à nous donner comme denrées, tout en nous traitant d’éternelles insatisfaites. On lui a dit que la majorité des victimes recensées, n’a reçu ni dons ni rénovation de leurs habitations. Nous sommes au courant que des camions viennent nuitamment prendre des denrées au Gouvernorat pour les acheminer en banlieue. Comme elle a dit que si nous sommes femmes, de faire ce que nous voulons, c’est pourquoi, avons décidé de nous faire entendre. On se fera entendre jusqu’à la satisfaction de nos besoins’’, a averti une des manifestantes très en colère.

‘’Nous avons besoin du président…’’
Déterminées à aller jusqu’au bout dans leurs protestations, ces femmes ont sollicité la présence du président de la transition sur les lieux de la manifestation, pour entendre leur cri de cœur.
‘’Nous avons besoin du Président pour lui expliquer ce que nous traversons ici. Nous avons perdu nos parents et nos maisons sont endommagées, mais ça ne dit rien au comité de gestion de crise. Si Mamadi Doumbouya n’intervient pas, nous serons là jusqu’à la semaine prochaine’’, a menacé une autre manifestante.
Intervention des forces de sécurité…
Aux alentours de midi, la tension était vive, quand les forces de l’ordre ont usé du gaz lacrymogène pour disperser la foule. Des échauffourées ont éclaté entre forces de sécurité et manifestants, au niveau de la zone appelée le Makiti, qui mène vers le boulevard qui a abrité la célébration des festivités du 65ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
