C’est dans un communiqué rendu public dimanche 28 janvier 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé leur retrait de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Quelques jours après cette décision, les réactions continuent de tomber au sein de la classe politique guinéenne. C’est le cas, par exemple, de Lansana Kouyaté, président du parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN).
Selon lui, dans le traité de la CEDEAO appelé « traité originaire », il est permis à tout membre de quitter en respectant une procédure. ‘’Si j’ai bonne mémoire, cela doit être entre les articles 89, 90 ou 91. Je ne sais pas exactement, mais je sais que ce traité a prévu que tout membre qui veut quitter, pour quelques raisons que ce soit, peut le faire à certaines conditions. Ces conditions consistent à ce que le désir de quitter soit notifié, à l’époque, au Secrétariat Exécutif, devenu depuis lors, Président de la Commission au Secrétaire Exécutif, depuis le Président de la Commission de la CEDEAO, et le retrait prend effet après un an. Le Secrétaire Exécutif ou le Président de la Commission informe alors les chefs d’État. Si, après un an, il n’y a pas de révision de la position par l’État, le pays quitte.
Mais entre-temps, avant cette année, le pays doit respecter toutes les règles de la CEDEAO. Pendant l’année qui s’écoule à partir de la notification, s’il n’y a pas de retrait ou de révision de la position, alors le pays respecte entièrement ses obligations prescrites dans le traité’’, a-t-il expliqué, avant d’exprimer son regret face à cette décision des trois pays.
‘’C’est regrettable, parce que la CEDEAO a besoin de ces pays, et ces pays ont besoin de la CEDEAO. Les effets ne se mesurent pas immédiatement à ceux qui ont amené les membres fondateurs de la CEDEAO à créer cette organisation. C’est pour des raisons simples de partager leurs atouts, d’aider à corriger leurs faiblesses qui les lient pour que ce soit une entité viable. Ce n’est pas pour les chefs d’État, c’est pour les peuples. Même si toutes les institutions n’avaient pas été mises en place immédiatement, à ce jour, les institutions ont été complétées, un parlement élu a été désigné, car cela coûterait très cher à ce jour. Il y a une Cour de Justice et pratiquement toutes les institutions qui manquaient ont été créées dans les années 90. Alors, c’est regrettable’’, a-t-il déploré.
Par ailleurs, le président du parti de l’Espoir pour le Développement National (PDN) n’a pas manqué d’évoquer sa désolation envers la CEDEAO qui n’a pas bien respecté ses engagements.
‘’Certains chefs d’État, je connais au moins un, il a été vraiment très audible là-dessus. Il a dit de ne pas prendre des sanctions prématurément contre un État, c’est le président du Togo. Il a essayé de faire de la médiation pour que cela n’aille pas dans tous les sens. Mais il faut reconnaître que le sommet de Bissau qui s’est opéré dès que ces pays ont eu des difficultés, n’a pas été un bon tournant. La charte pour le déploiement des troupes, notamment quand on parle de troupes, c’est une conférence municipale qui s’est tenue à Yamoussoukro dans les années. Pour conclure, le sommet de Bissau a été une sorte de déviation de la CEDEAO par rapport à la procédure à mettre en place pour que les problèmes de ces trois pays soient résolus de façon pacifique’’, a-t-il indexé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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