Visiblement, ce début d’année 2024 reste très mouvementé pour les femmes marchandes de Kissidougou. Des femmes qui font face à un chapelet d’événements fâcheux aux conséquences énormes. Récemment déguerpies de la place des Martyrs en pleine crise de carburant, elles avaient eu toutes les peines du monde pour acheminer leurs effets (conteneurs, tables, gros parapluies, marchandises etc.) vers les nouveaux marchés de proximité réalisés dans les quartiers Kôrôdou, Limania, Kankankoura et Sogbè.
Cependant, deux semaines après cette fameuse opération de déguerpissement qui a fait couler beaucoup de salives dans la cité de Kissi-kaba Keita, les femmes vendeuses seraient confrontées de nos jours à d’énormes difficultés dans ces marchés de fortune. Ce samedi 20 janvier 2024, votre quotidien d’information Lerevelateur224.com a fait irruption dans un de ces marchés au quartier Kéredou.
Localisé au bord de la route nationale Kankan-Kissidougou non bitumée, le marché de Kankankoura est pris en otage par la poussière qui s’active à chaque passage d’un véhicule. En tout cas, les occupantes de ce nouveau centre de négoce n’ont pas hésité de dénoncer le piètre cadre de vie des lieux. Aicha Condé, est vendeuse de poissons. Elle égrène quelques préoccupations des commerçantes.

‘’Notre premier ennemi ici c’est d’abord la poussière qui nous fatigue et risque de décourager les clients de venir faire des achats, surtout pour nous qui vendons des poissons. Ensuite, il n’y a pas de toilette publique ici, nous sommes obligées chaque fois d’aller déranger les familles riveraines. Comme vous pouvez le remarquer, il n’y a aucun magasin, ce qui complique la situation. Chaque matin, nous venons avec nos marchandises et nous repartons le soir avec. Je lance un appel aux autorités de créer les bonnes conditions pour nous les femmes qui nous battons pour aider nos maris à faire vivre nos différents foyers’’, a-t-elle sollicité.
L’autre réalité cachée de ce marché, c’est le manque d’affluence des clients. Si les commerçants rallient ce marché en grand nombre, tel n’est pas le cas chez les clients. En tout cas, c’est le constat fait par Fatoumata Touré, vendeuse d’attieké.

‘’Moi, je pense que le plus grand danger pour un commerçant, c’est le manque de clients. Depuis que je me suis installée ici, les clients se font rares. Aujourd’hui, les femmes sont éparpillées, il y a un groupe à Limania et un autre groupe ici. C’est pourquoi, nous avons perdu nos clients. Moi, ce que je demande aux autorités, c’est de construire un marché central pour les femmes, afin que nous soyons ensemble. Avant le jour de marché (mardi), on revendait très bien et on gagnait les marchandises. Mais maintenant, le mardi passe sans bruit, donc, on ne comprend rien’’, a-t-elle déploré.
Pourtant, du côté des autorités, malgré qu’on ne peut pas nier tous ces manquements signalés par les commerçantes, on adopte un ton rassurant brodé de promesses. Ibrahima Sanoh, administrateur des marchés de Kissidougou apporte quelques précisions.

‘’Ce marché est réalisé pour aider les femmes. C’est pourquoi, nous n’avons pas pris d’argent avec elles, chacune s’est installée librement et gratuitement. Néanmoins, il y a d’autres qui n’ont pas de place, mais nous sommes sur pied pour les aider. En ce qui concerne les latrines, nous avons déjà repéré une place à chaque extrémité et nous allons construire des latrines dignes de nom. Pour ce qui est des magasins, nous avons un plan, c’est-à-dire, construire des magasins qui vont clôturer même le marché. Je rassure les femmes qu’elles seront satisfaites. Tout début est difficile, mais nous allons agir en leur faveur, c’est promis’’, a-t-il rassuré.
Toutefois, la gestion des ordures, la sécurisation des lieux et la construction des hangars, constituent d’autres défis de ce nouveau marché.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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