Ces derniers temps, la presse guinéenne traverse un sale temps. Cela est dû à la restriction de l’Internet, le brouillage des ondes et des convocations incessantes adressées à des journalistes, parfois des interpellations. Une situation qui porte gravement atteinte à l’exercice du métier de journaliste en Guinée. Cette situation assez préoccupante a été aggravée par l’arrestation des journalistes, notamment le secrétaire général du syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG).
S’exprimant sur cette insupportable situation de la presse dans un entretien qu’il a accordé à notre rédaction, le président de l’UGDD n’a pas caché sa colère. Pépé Francis Haba a d’abord rappelé l’importance de la presse dans la démocratisation d’un pays, avant de condamner le bâillonnement de la presse avec la dernière énergie.
‘’La liberté d’opinion dans sa diversité, la liberté de la presse, je pense que ce sont des droits inaliénables, que notre pays a rectifié il y a de cela plusieurs dizaines d’années. La presse joue un rôle très important dans la démocratisation de nos pays, dans la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite. C’est un contre-pouvoir extrêmement important pour que la démocratie, les droits de l’homme puissent s’enraciner dans nos Etats.
Cela dit, je pense qu’on doit s’assurer pour que les journalistes puissent exercer leur métier en toute tranquillité, dans la paix et dans la quiétude totale, c’est ça qui peut aider notre pays. Je pense qu’il est mieux d’avoir une presse qui est mauvaise que de ne pas en avoir du tout, parce que c’est extrêmement grave pour un pays si la presse n’est pas vivante. Je ne peux donc cautionner qu’un gouvernement quelconque puisse restreindre les libertés de la presse, puisse restreindre l’internet qui est devenu aujourd’hui un droit. Je condamne cette situation avec la dernière énergie, puisque si la presse est touchée c’est les organisations de la société civile qui seront touchées, c’est les partis politiques qui seront touchés. Je pense qu’il faut que dans la meilleure des manières, tous ensemble, la presse avec le syndicat, vous devriez vous lever pour négocier avec le gouvernement. Leur expliquer la loi portant sur la presse même s’ils le connaissent déjà, pour que vous puissiez travailler dans la tranquillité et dans la quiétude’’, s’est-il insurgé.
Face donc à cela, le président du parti Union guinéenne pour la démocratie et le développement demande au Président de la transition de prendre sa responsabilité pour mettre un terme à cette situation.
‘’Il faudrait que le président de la transition prenne le taureau par les cornes, parce que de plus en plus les populations, on se plaint, de plus en plus les populations se méfient du CNRD et du gouvernement et des forces de sécurité, de plus en plus les rumeurs sont en train de gagner le terrain. Il faudrait qu’il demande à son gouvernement de tout faire, pour que la liberté de la presse, pour que la liberté des citoyens soient privilégiées’’, a interpellé Pépé Francis Haba.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
