Sept (7) ans de prison en passant par la prison civile de Kindia, celles du camp kèmè Bourama et du camp Boiro sous le régime de Sékou Touré, Mamadou Barry dit « Petit Barry » a décidé de raconter enfin ce qu’il a traversé pendant ces années de cachot avec ses codétenus. Et c’est dans un livre qui a été livré sur le marché en 2022, qu’il a raconté sa triste histoire.
Joint au téléphone vendredi depuis Dakar, la capitale sénégalaise, par nos confrères de Djoma médias, petit Barry a d’abord expliqué dans quel contexte il a été arrêté, avant de revenir sur les atrocités qu’il a vécues pendant sept (7) longues années de détention.
‘’Après l’agression du 22 novembre, ce qu’on appelle agression de 1970, il y a eu des arrestations, le gouvernement guinéen et le comité révolutionnaire dirigés par Ismaël Touré en particulier, ont dit qu’il y avait des complices intérieurs des agresseurs. C’est-à-dire, qu’il y a eu agression et qu’il y a des guinéens qui étaient complices.
Donc, ils ont fabriqué des listes et sur ces listes, il y avait mon nom. « Petit Barry Mamadou Barry complice ». Donc, j’ai été arrêté comme des centaines et milliers d’autres cadres de la Guinée, c’est nous qui nous sommes retrouvés en prison. Mais il faudra dire que les listes étaient fausses, parce que le premier président du comité d’enquête du comité révolutionnaire était Alhassane Diop, le président lui a demandé de faire une enquête pour savoir s’il y avait des complices intérieurs, il a fait son enquête et a dit au président qu’il n’y avait pas de complices intérieurs, que c’est pour cela que l’agression a échoué.
Aucun membre du gouvernement, aucun membre des forces armées, aucun membre de l’État n’a été complice de ces agresseurs. Ils sont venus pour libérer les prisonniers de guerre portugais’’, a-t-il relaté.
En suite, il a expliqué le mode de vie qu’ils avaient en prison. : ‘’Nous étions enfermés pendant des années 24/24. C’est-à-dire, qu’on n’avait même pas droit à une sortie, à une récréation pendant de longues années. On ouvrait la salle pour faire introduire un repas à 15h et puis le lendemain à 15h. C’était comme ça au début. Et un jour, le capitaine Siaka Touré est arrivé et nous avons porté plainte, nous avons dit que les gens ne font que mourir dans la prison et nous n’avons qu’un repas par jour, on a supprimé le petit déjeuner et le repas du soir. Le commandant du camp Boiro, le capitaine Siaka Touré a appelé le lieutenant Sidy Sacko qui était le gestionnaire de la prison et lui a demandé qui a donné l’ordre de nous donner un seul repas par jour et le lieutenant Sidy Sacko a dit que c’est le gouverneur de Kindia. Le gouverneur de Kindia à l’époque c’était Emil Cissé, en même temps le secrétaire du comité révolutionnaire de Kindia. C’est ce comité qui interrogeait les détenus, qui extorquait les aveux pour tuer les détenus et qui les forçait à faire des aveux’’, a-t-il avancé.
Et de poursuivre : ‘’Siaka a grondé Sidy, il a commencé à bredouiller. Et c’est ainsi que le commandant a rétabli nos repas du matin et de soir. Siaka Touré a dit à Sidy Sacko que même s’ils devaient nous tuer, nous avons des droits, donc, ils doivent les respecter. Et oui, il a ajouté que même eux ils pouvaient se retrouver dans cette prison un jour. Et ça ne pouvait pas être aussi prophétique, puisque lui même il s’est retrouvé dans cette prison des années plus tard’’, a témoigné Mamadou Barry dans l’émission ‘’On Refait Le Monde’’.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
