C’est une situation qui est devenue de trop pour plusieurs citoyens de la ville de Mamou ces derniers temps. Des citoyens qui rencontrent d’énormes difficultés dans l’obtention de certains actes de justice au tribunal de première instance de cette juridiction relevant de la Cour d’appel de Conakry.
Pour la plupart des citoyens que nous avons interrogé, à travers plusieurs mois d’enquêtes, le montant officiel pour l’obtention des actes d’état civil qui sont délivrés dans cette juridiction, n’est pas celui qu’on demande à la population.
Par exemple, pour un casier judiciaire des guinéens nés sur le territoire national dont le prix officiel s’élève à 50.000 GNF, coûte entre 70 et 80.000 GNF. Le jugement supplétif dont le prix officiel est également 50.000 coûte 70.000 jusqu’à 100.000 GNF parfois.
Alors que les accusations se multiplient dans sa juridiction, le président du tribunal de première instance de Mamou qui a accepté de livrer sa part de vérité, affirme tout d’abord ne pas être au courant de ce système qui gangrène son service, avant d’ajouter que sa juridiction est confrontée à un manque de personnel.
‘’Les prix des actes de l’état civil et les autres actes de justice, dire qu’il y a une différence entre le prix officiel et le prix avec lequel ils (les citoyens) ont accès à ces actes ici, c’est maintenant que vous m’apporter cette information, je ne savais pas que de telle chose se passait au sein de ce tribunal. C’est ma première fois de l’apprendre et c’est vous d’ailleurs qui me l’apprenez, moi je ne savais pas. Quand la loi dit que c’est noir, ce n’est pas à celui-là qui interprète la loi de dire que c’est bleu, c’est pas possible. D’ailleurs, je profite de votre micro pour dire à la population que les prix des actes sont là si un acte coûte 50.000 et qu’on vous dit que c’est 100.000 GNF, ce citoyen ou ces citoyens n’ont qu’à venir à mon bureau, m’informer et dire que mon président, on m’a dit de payer tel montant, or, sur le tableau c’est écrit 50.000 GNF. Mon bureau est ouvert chaque jour, moi je prendrais ma disposition par rapport à ça’’, s’est-il défendu.
Profitant de notre entretien, ce magistrat a énuméré quelques difficultés auxquelles, le tribunal de première instance de Mamou est confronté. Des difficultés selon lui, qui occasionneraient des cas de magouilles. Et pour cela, il a trouvé le coupable parfait.
‘’Mon service est confronté à beaucoup de choses, ça je vous le dis. Dans un appareil judiciaire normal, chaque magistrat doit fonctionner avec un greffier. Mais aujourd’hui, pour tout le tribunal de première instance de Mamou, nous n’avons que 4 greffiers, nous sommes 8 magistrats, nous avons 2 cabinets d’instructions. Donc, il y a un manque criard de personnels. Nous sommes entre le marteau et l’enclume. Pour bien faire, c’est très difficile quand les moyens n’existent pas. Donc, imaginez un peu les stagiaires que nous ne payons pas, mais qui consacrent leur temps à épauler ces greffiers dans leurs tâches, si ces gens (stagiaires) gagnent leurs prix de l’eau sur le traitement de ces actes de justice, pour ne pas entrer eux aussi comme ça à la maison, je pense que vouloir arrêter cela, c’est très facile de le faire, mais c’est la population qui va en payer le prix, puisque le tribunal de Mamou est confronté à un problème de personnel. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai exhorté à tous ceux qui font de telle pratique de cesser. Mais si ça commence à crier du côté des citoyens, pour dire que le traitement de leurs dossiers au tribunal de première instance de Mamou a duré, que nul ne nous accuse, puisqu’il y a un manque criard de personnels ici. Ce sont les stagiaires qui nous aident ici pour que le traitement des dossiers soit rapide’’, a souligné Oumar Diallo, le président du tribunal de première instance de Mamou.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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