Le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation a rendu le 15 Juillet dernier, les résultats du baccalauréat unique session 2023, avec un taux de réussite 27,46%. Comme les années antérieures, cette fois-ci encore, ce sont les écoles privées qui se sont illustrées en se raflant trois (3) places des premiers de la République, toutes options confondues. Un succès des écoles privées qui relance le débat sur la qualité d’enseignement donnée dans les établissements publics.
S’exprimant sur cette actualité chez nos confrères de Djoma médias, dans l’émission “On refait le monde” Bah Oury, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée(UDRD), assure que cette situation est dû au fait que les écoles publiques sont laissées pour compte par l’État.
‘’La situation de l’école guinéenne, c’est une catastrophe depuis longtemps. Si vous examinez les statistiques par rapport à l’école primaire, même au niveau de Conakry, vous allez vous rendre compte que la grande majorité des enfants fréquentent l’école privée et ne fréquentent pas l’école publique. Donc, cela veut dire qu’il y a un problème dans ce pays. Le budget de l’éducation nationale, il sert à quoi? En principe, l’État doit s’occuper de l’ensemble des enfants de la République de Guinée, mais tel n’est pas le cas. Donc, il y a une propension à étouffer l’école publique, à la dénuder totalement. Et, il va de soi, que les résultats qui sont publiés reflètent cette réalité depuis très longtemps. Seule l’éducation nationale est le parent pauvre dans le système éducatif actuel’’, a-t-il déploré.
Et d’ajouter: ‘’Maintenant qui sont dans le privé ? Ce sont ceux qui ont quelques moyens, mais qui se saignent pour envoyer leurs enfants dans les écoles privées. Donc, de ce point de vue, ça renforce des inégalités au niveau de la société guinéenne. Au niveau de la capitale, il y a ces inégalités de par l’appartenance à un milieu social, il y a des inégalités entre le monde rural et la capitale et le monde rural et les centres urbains. Cela est la cause principale d’une hémorragie des forces vives, surtout les plus jeunes qui, lorsqu’ils ne réussissent pas à avoir leur brevet et ceux qui s’échinent jusqu’à avoir le bac ou n’ont pas pu avoir le bac, ils prennent le chemin de l’immigration clandestine. Et la majorité des enfants que nous rencontrons dans les rues en France et les enfants qui sont en Tunisie ou dans les déserts, sont les guinéens. Donc, de ce point de vue, la question de l’école est au cœur des différentes inégalités qui ont des conséquences, par rapport à l’immigration clandestine et grâce à Dieu, on n’a pas d’abord un terreau fertile pour le djihadisme. Donc, la question de l’école, on a fait du capitalisme, on fait de l’argent surtout, ceux qui doivent gérer l’État, ne pensent aux services publics, ils pensent à tout privatiser et ce sont les conséquences que nous sommes en train de vivre. Si vous voulez avoir une bonne éducation, c’est le privé, si vous voulez bien vous soigner, c’est le privé. Et c’est dommage pour notre pays’’, a-t-il martelé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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