Le verdict est tombé ce jeudi, 13 Juillet 2023, au tribunal de première de Dixinn, dans l’affaire opposant l’administrateur général du site Lerevelateur224.com à Youssouf Boundou Sylla, secrétaire général du Ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi.
Jugé pour diffamation et injures, le journaliste qui s’est toujours présenté à son procès, a remporté ce jeudi, une première victoire face à son accusateur, aussi ancien journaliste, devenu haut commis de l’Etat. A l’audience dernière, le tribunal avait renvoyé le dossier à huitaine pour se prononcer sur les exceptions de nullité soulevées par les avocats de la défense.
A l’audience du 15 juin dernier, les avocats de la défense avaient estimé que la procédure était biaisée et que leur client, en sa qualité de journaliste, ne devait être poursuivi que sur la base de la Loi sur la presse ; et non sur la base de la Loi sur la Cyber-sécurité.
Ainsi donc, ce 13 Juillet, le juge audiencier, Amadou SY a rendu son délibéré sur les exceptions de nullité soulevées. Par conséquent, il a prononcé purement et simplement la nullité de la citation, parce que n’observant pas le délai requis. Plus qu’une satisfaction pour la défense du Journaliste Habib Marouane Camara.

‘’Vous savez, Marouane est poursuivi pour diffamation et tout ce qui s’en suit là. Mais nous avons soulevé des exceptions, notamment liées à la nullité de la citation et du fait aussi que Marouane est poursuivi pour des faits supposés commis par voie de presse. Donc, en réalité, c’est la Loi L02 qui devait s’appliquer. Et le juge a mis l’affaire en délibéré. Ce matin, comme il se doit, il a prononcé le bon droit. Il a prononcé purement et simplement la nullité de la citation, parce que n’observant pas le délai requis. Donc, une fois qu’une citation est déclarée nulle, on n’a même plus besoin d’aller vers les autres exceptions que nous avons soulevé. C’est pour nous un motif de satisfaction et nous continuons à insister sur le fait que, les délits par voie de presse en Guinée, doivent être poursuivis sous l’angle de la loi L02, sur la liberté de la presse. C’est quelque chose que nous demandons depuis cinq (5) ans. Et à chaque fois, que nous décidons que la justice est indépendante et elle arrive à utiliser le bon droit. Donc, nous nous réjouissons. Encore une fois, nous invitons tout un chacun à savoir raison gardée’’, a déclaré Me. Thierno Souleymane Barry.
Tout au long de ce procès, le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), a accompagné le journaliste Habib Marouane Camara. Pour son secrétaire général, il est incompréhensible qu’un journaliste poursuive son confrère sur la base d’une loi, contraire à celle de la L02.

‘’C’est un sentiment de joie, sentiment de satisfaction, d’assurance. L’assurance que la justice guinéenne peut encore faire mieux. Et, vous n’êtes pas sans savoir que nous nous sommes toujours battus à ce que les journalistes, lorsqu’ils sont poursuivis dans l’exercice de leur métier, que cela se passe sur la base de la Loi L02. Malheureusement, il y a toujours certains Guinéens qui voudraient regarder ailleurs, dans le seul but d’envoyer les journalistes en prison. Et malheureusement, cette fois-ci, c’est de la part d’un confrère ou d’un ancien journaliste, quelqu’un qui a bénéficié quand-même de la L02, qui a voulu remettre en cause cette même loi. Le grand frère Boundou Sylla, on lui avait dès le début appelé, pour lui dire que ce n’était pas la bonne démarche. De venir à la maison, nous on le considère encore comme un de nous, même s’il occupe aujourd’hui une fonction dirigeante, mais nous considérons qu’il est encore journaliste. Il n’a pas voulu comprendre le message. Heureusement, qu’il y a encore des magistrats qui disent le droit’’, a déclaré Sékou Jamal Pendessa au sortir du tribunal de première instance de Dixinn.


Le plaignant Youssouf Boundou Sylla, actuel Secrétaire général du Ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, a deux (2) semaines, pour interjeter appel. En attendant, il faut dire sans ambages, qu’il est débouté dans sa plainte visiblement mal formulée.
Madiou BAH