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Hommage à Mafory Bangoura (Par Khalil Kaba)

10 mars 2023
  1. MAFORY BANGOURA

Issue d’un milieu bien différent, Mafory Bangoura s’est engagée en politique selon d’autres modalités. Sa vie est moins bien documentée et il n’existe pas à notre connaissance d’entretien relatant son parcours jusqu’à sa mort, en 1976. Mafory Bangoura est une femme susu née vers 1916 à Wonkifon, un village situé non loin de Coyah, à une quarantaine de kilomètres de Conakry. On ne sait pas en quelle année elle rejoint la capitale, mais elle est présentée comme une habitante solidement ancrée dans la vie de son quartier, Boulbinet.

Situé au centre-ville de la capitale, c’est un quartier populaire de pêcheurs où elle fait ses débuts comme militante du PDG au début des années 1950. Ses compagnes du PDG disent qu’elle était couturière et teinturière. De son côté, l’administration coloniale la dépeint comme
une femme « sans profession» rapporte la police, avant son mariage en 1954 avec Badara Bangoura, trésorier du syndicat professionnel des petits commerçants en 1956. Le regard de la police traduit une vision répandue qui associe l’engagement politique à un manque de vertu et de respectabilité, dont il est difficile de savoir s’il était partagé par l’administrateur ou si ce dernier relayait les propos de ses informateurs.

Toujours est-il que ce portrait de Mafory Bangoura fait écho aux campagnes de dénigrement
menées contre le RDA au cours des années 1950, lorsque certains administrateurs et ses adversaires politiques le présentaient comme un parti d’agitateurs mécréants. Si la véritable entrée en politique de Mafory Bangoura date de 1953-1954, les renseignements de police affirment qu’elle était active au RDA depuis 1946. De manière plus crédible, elle avait dû militer dans les associations régionales comme l’Union de la Basse Guinée, qui s’était divisée à deux reprises sur le soutien au RDA. Elle faisait partie du Foyer
des Jeunes de la Basse Guinée, qui regroupait des jeunes citadins favorables au RDA, et qui
soutinrent la grève de 1953. Ainsi, Mafory Bangoura devait déjà s’être familiarisée avec les
personnalités du RDA avant cet épisode majeur, qui marque le début du succès massif du PDG. Cette grève s’inscrivait en effet dans un contexte de revendications sociales autour du vote puis de l’application du Code du Travail outre-mer (1952-1953). En 1953, la revendication porta sur la hausse des salaires de 20 % consécutive à la réduction du temps de travail prévue dans le nouveau Code du travail. C’est en Guinée que la mobilisation fut la plus spectaculaire puisque la grève dura plus de deux mois (septembre-décembre 1953) et se solda
par le succès des syndicats. Après cette grève, les effectifs du PDG grimpèrent en flèche.
Or, les femmes de Conakry y jouèrent un rôle important, bien qu’elles ne soient pas directement concernées par le Code, qui laissait de côté le travail informel où les commerçantes, teinturières ou couturières étaient très nombreuses. C’est en tant qu’épouses des grévistes qu’elles se mobilisèrent, comme le rapporte Aïssatou Ndiaye, une ancienne militante du PDG. À l’initiative de Mafory Bangoura, les deux femmes partirent à la
rencontre de Sékou Touré pour lui exposer les difficultés économiques grandissantes des
grévistes (Schmidt, 2005 : 88)28. Il réussit à les convaincre de soutenir le mouvement. Elles
mirent sur pied un comité de grève féminin en nouant des contacts avec des nombreuses
femmes de toutes les associations régionales présentes à Conakry. Conscient de leur
efficacité, Sékou Touré confia ensuite à Mafory Bangoura l’animation de la campagne électorale de juin 1954, pendant laquelle il affronta Barry Diawadou, leader du Bloc Africain de Guinée (BAG). Son militantisme musclé, ses qualités d’oratrice et sa virulence lui valurent d’être désignée présidente territoriale des femmes du RDA à l’été 1954. En février 1955, elle fut condamnée par l’administration coloniale à un an de prison et à une amende pour ses activités politiques. Cette condamnation s’inscrivait dans un contexte de troubles politiques.
En effet, Barry Diawadou avait été élu en juin 1954, mais son élection était contestée par les
partis adverses, le PDG mais aussi la Démocratie Socialiste de Guinée (DSG), qui accusaient
l’administration de fraude. Le PDG mena l’agitation autour du slogan de la victoire volée tout
au long de l’année 1954. Cependant, la peine de Mafory Bangoura fut réduite à 3 mois de
prison en appel en février 1956, dont elle ne purgea finalement que 28 jours. Sa remise de
peine était sans doute liée à sa popularité en tant que présidente territoriale des femmes du
RDA.

Fin 1956, Mafory Bangoura entra cependant en conflit avec la direction du parti pour défendre son mari, Badara Bangoura. Celui-ci, déçu de n’avoir pas été retenu sur une liste RDA pour les élections de mars 1957, s’était rapproché de l’opposition. Le RDA avait alors fait déposer une plainte contre lui par le syndicat professionnel des petits commerçants, dont il était le trésorier, pour détournement de fonds. Dans le même temps, Sékou Touré lui demanda de nier publiquement toute collusion avec le parti de son rival, le BAG. Sur ces entrefaites, Mafory Bangoura fit irruption à la réunion du comité directeur du PDG : « elle est
arrivée, très surexcitée, et a déclaré aux personnes présentes (tous des membres importants du
bureau exécutif et Docteur Accar) que son mari n’aurait pas dû se déplacer. Elle a ensuite déballé « tout ce qu’elle avait sur le cœur » contre ce parti ingrat qui « fait des combines pour faire emprisonner son mari et ne sait pas se souvenir des services rendus, etc… ». Suite à cet incident, le mari et la femme furent exclus du parti le 13 mars 1957 mais finirent par être réintégrés après avoir fait amende honorable, le 16 mars 1957. D’après les renseignements de police, Sékou Touré aurait craint de susciter des remous au sein du comité des femmes, entre partisanes et adversaires de Mafory Bangoura. De leur côté, Mafory et son mari se seraient vus conseiller de revenir vers le PDG plutôt que de courir le risque d’être classés dans la catégorie des « saboteurs ». Cet épisode n’empêcha nullement Mafory Bangoura de
demeurer, après l’indépendance, un pilier du régime, comme membre du Bureau Politique
National, présidente de l’Union Révolutionnaire des Femmes de Guinée et Ministre des Affaires Sociales jusqu’à son décès en 1976. Des funérailles nationales furent alors organisées
et le régime la fit entrer au panthéon des héroïnes nationales.

Sélection Khalil KABA

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