La commune urbaine de N’Zérékoré connaît désormais le nom de son nouveau dirigeant. Au terme d’une longue session électorale à huis clos, les 45 conseillers municipaux ont porté leur choix sur Germain Tavaguèse Kolié.
Candidat tête de liste de la GMD, il a remporté le fauteuil de maire avec 23 voix sur les 45 suffrages valablement exprimés, s’imposant dès le premier tour face à cinq autres prétendants.
Un marathon électoral sous haute tension
L’élection du nouvel exécutif communal s’est déroulée dans la salle de conférence de la mairie, coupée du reste de la ville. Isolés dès 8 heures du matin, les 45 conseillers municipaux ont d’abord été installés avant de procéder au vote. La séance, particulièrement tendue en raison des forts enjeux locaux, s’est prolongée jusqu’à 16 heures.
C’est avec un grand soulagement que l’heureux gagnant s’est exprimé à sa sortie de la salle.

« C’est un sentiment de satisfaction parce que le chemin a été long, difficile et très, très compliqué. N’Zérékoré n’est pas une petite ville, c’est une grande commune de type A. Les enjeux sont énormes. C’était la première fois qu’il y avait six candidats au poste de maire, issus de partis politiques et de candidatures indépendantes », a-t-il déclaré.
La carte de la diversité et des alliances
Pour triompher dans cette compétition particulièrement ouverte, la liste de la GMD a dû tisser de solides alliances avec d’autres partis et mouvements indépendants. Germain Tavaguèse Kolié a d’ailleurs fait de la diversité culturelle et politique le socle de sa victoire, insistant sur la nécessité d’unir les différentes communautés (Guerzés, Koniankés, Tomas, Peuls…) pour le développement de la ville.
Le nouveau maire s’est montré très rassembleur concernant la composition de son équipe.
« Vous avez aujourd’hui des vice-maires avec nous qui sont issus d’autres partis politiques ou mouvements. Ce mélange, composé de la quasi-totalité des ethnies qui vivent à N’Zérékoré, va contribuer au développement. Il faut enlever cette étiquette de « zone rouge » collée à N’Zérékoré pour que les investisseurs nous regardent et que nos zones d’emploi soient compétitives. Nous avons besoin de travailler, de nous épanouir et de ramener ce sentiment de paix et de cohésion sociale », a-t-il lancé.
Un pacte de non-agression pour garantir la paix

Fait notable de ce scrutin : avant de se rendre aux urnes, les six candidats en lice pour la mairie avaient signé un « pacte de non-agression ». Dans cette même dynamique de pacification, ils avaient interpellé les autorités administratives pour s’assurer que le verdict des urnes soit strictement respecté, évitant ainsi des contestations post-électorales dans la rue.
Face aux défis qui attendent son équipe, le nouveau maire invite désormais ses anciens adversaires à fusionner leurs projets de société.
« C’était une concurrence, mais une concurrence saine, un débat d’idées. Ils ont compris qu’effectivement, nos idées pouvaient aller ensemble. Le flambeau que nous portons aujourd’hui appartient à toute l’équipe, aux 45 conseillers de la commune », a-t-il affirmé.
Parmi les figures politiques vaincues lors de ce vote, figuraient notamment Issa Kourouma (représentant le FRONDEG), Cécé Gbouo Loua, ou encore l’avocat Me Michel Théodore Lama.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 620 980
