À l’approche du mois de Ramadan, le président Mamadi Doumbouya, a multiplié les gestes envers les opérateurs économiques, pour freiner l’inflation. Si l’Union des consommateurs de Guinée (UCG) se réjouit de voir le sommet de l’État se saisir du dossier, son président, M’Bany Sidibé, prévient : les discours et les réunions ne suffiront pas sans un cadre légal rigoureux.
Invité ce lundi 9 février 2026 dans l’émission «le Scanner» sur Cavi Médias, M’Bany Sidibé a débuté son intervention par un sentiment de soulagement teinté d’amertume. Pour lui, l’implication directe du Chef de l’État prouve enfin que la réalité du panier de la ménagère est remontée jusqu’au sommet.
‘’Le seul réconfort, c’est le fait que maintenant le Président est informé que les prix augmentent en Guinée. Si la plus haute autorité demande des efforts aux importateurs, c’est que le constat de la cherté de la vie est réel’’, a-t-il déclaré.
Cependant, pour l’UCG, la méthode actuelle montre ses limites. Malgré les nombreux protocoles d’accord signés et les sacrifices financiers de l’État (renonciation à certaines recettes douanières sur le riz ou le sucre), les consommateurs ne voient pas l’impact réel dans leurs assiettes. M. Sidibé pointe du doigt un manque de volonté dans l’application des textes.
‘’On ne peut pas régler les questions de prix à travers des réunions dans des salles ou des discours. Le Président doit rester derrière la loi’’. Il fait ici référence à la loi portant réglementation de la concurrence et de la liberté des prix.
Le président de l’UCG a vigoureusement dénoncé l’anarchie qui règne sur le marché national. Une anarchie qui se caractérise par l’absence d’uniformité des prix : Il juge inadmissible que les prix varient entre Conakry et Coyah alors que l’État consent aux mêmes exonérations pour tous. Et la confusion des rôles. M. Sidibé fustige les opérateurs qui cumulent les fonctions d’importateurs, de grossistes et de détaillants, faussant ainsi le jeu de la concurrence.
Pour l’Union des consommateurs, le coupable est tout désigné : le ministère du Commerce. M’Bany Sidibé appelle à une activation réelle des corps de contrôle pour s’assurer que les baisses de taxes accordées par l’État profitent réellement aux citoyens lambda et non aux marges des commerçants.
‘’Ce n’est pas aux opérateurs d’appliquer la loi, mais de la respecter. C’est à l’État de la faire appliquer’’, a-t-il conclu, demandant des mesures fermes et pérennes plutôt que des arrangements conjoncturels à la veille des fêtes religieuses.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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