Ce jeudi matin, la préfecture de Koundara a été secouée par une manifestation qui a fait parler d’elle. Des membres des bureaux de vote, en colère, ont envahi les locaux de la Mairie, pour exiger la restitution d’une partie de leurs primes de formation, apparemment détournées.
Selon les manifestants, les responsables des élections leur auraient versé 110 000 GNF au lieu des 200 000 GNF promis. Une somme qui, à leurs yeux, a été mal gérée. « On nous a pris 90 000 GNF par personne, c’est de l’injustice pure ! », s’insurge l’un des protestataires, refusant de dévoiler son identité.

Les manifestants ont été loin d’être déraisonnables. Selon leurs calculs, 90 000 GNF auraient été soustraits à chaque membre des bureaux de vote, soit 450 000 GNF par bureau de vote. Avec 263 bureaux dans la préfecture, la somme totale s’élèverait à 118 millions de francs guinéens. Une petite fortune, et l’argument a fait son effet : les autorités ont rapidement réagi.
Sous la pression grandissante, les autorités locales ont été contraintes de verser la différence dans la journée, apaisant temporairement la situation. Mais les questions demeurent : s’agissait-il réellement d’un simple retard, comme l’affirme le directeur préfectoral des élections, Thierno Souleymane Diallo, ou bien les fonds ont-ils été mal gérés, voire détournés ?
‘’Il y a eu un retard dans le paiement des primes, rien de plus. Nous avons régularisé la situation dès que nous avons pris connaissance de leur mécontentement’’, assure Thierno Souleymane Diallo.
Cependant, l’étonnante rapidité du remboursement soulève des interrogations. Pourquoi un tel retard, et surtout, pourquoi attendre d’avoir été poussé dans leurs derniers retranchements pour réagir ?
L’incident met en lumière un problème récurrent : la gestion opaque des fonds publics, surtout dans des contextes aussi sensibles que les élections. Si l’on en croit les manifestants, cet épisode a révélé non seulement un manque de transparence, mais aussi une gestion qui manque cruellement de rigueur.
À Koundara, ce ne sont pas seulement des primes qui ont été en jeu, mais aussi la confiance des citoyens envers leurs responsables électoraux. Pour certains, ce simple incident pourrait ouvrir la voie à des réflexions plus profondes sur la gestion des ressources publiques dans le pays.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
