À Kissidougou, les lendemains du vote référendaire sont marqués par un climat de tension entre les membres des bureaux de vote et les autorités locales autour des primes accordées aux différents agents électoraux. C’est dans ce contexte tendu que des centaines de membres de bureaux de vote ont investi la cour de la Mairie de Kissidougou dans la matinée de ce jeudi 25 septembre 2025.

Ils étaient venus ainsi protester devant les autorités locales, pour exiger le payement sans délai des restants de leurs primes qui étaient sur le point d’être détournées. Face à l’insistance des agents protestataires, le préfet Charles Kolipé Lamah était lui-même descendu sur le terrain pour essayer de calmer la situation qui était sur le point de dégénérer.
Dans la foulée, le préfet avait annoncé à chaud que les montants réclamés seraient désormais avec les présidents des conseils de quartiers. Il a ainsi demandé à tous les membres de bureaux de vote de rejoindre les quartiers où ils avaient servi afin de récupérer le reste de leurs primes.
Pour convaincre ces agents à rebrousser chemin, le préfet a même brandit un document qui indiquait la clé de répartition des primes et qui est signé par la directrice générale des élections. Ledit document stipulait que les présidents des bureaux de vote devaient recevoir 500 000 francs et les vice-présidents 400 000 francs, tandis que les assesseurs avaient droit à 300 000 francs.
Malgré cette bonne annonce, certains protestataires ont vivement condamné cette cacophonie entretenue selon eux, par les autorités. C’est le cas de Benjamin Oliano qui était membre d’un bureau de vote au quartier Sogbè 3.

‘’C’est une déception totale, on pensait que de tels comportements étaient révolus en Guinée. Ce qui s’est passé à Kissidougou s’apparente à de la corruption, à de la malhonnêteté et même au détournement, car après le vote, les gens là nous ont tendu les 220 000 francs en nous remerciant sans pour autant signifier que le montant n’était pas au complet. Donc, c’est grâce à notre vigilance et surtout à notre révolte de ce matin, que ces autorités ont finalement reconnu qu’elles nous devaient le reste des montants.
Pour le moment, nous comptons nous rendre dans nos quartiers respectifs pour récupérer nos dus, mais c’est pas fini, car nous n’avons rien perçu comme primes de formation alors que cela a été payé ailleurs. Alors, les autorités qui sont censées défendre les intérêts des citoyens, si ce sont elles qui sont les premières à semer la confusion dans la cité, ça devient compliqué. Moi, je pense qu’une telle attitude des autorités locales contribuerait à exacerber le déficit de confiance qui existe déjà entre les gouvernés et les gouvernants. Vraiment, c’est honteux’’, a-t-il vociféré.
Dans la foule, plusieurs acteurs de la société civile étaient présents. Selon Mory Souleymane Kouyaté, coordinateur préfectoral de la coordination nationale des organisations de la société civile (CONASOC), ils étaient venus apporter leurs soutiens aux citoyens brimés dans leurs droits.

‘’En tant qu’acteur de la société civile, nous sommes venus ce matin aux côtés de nos concitoyens pour leur signifier que nous sommes là pour les accompagner dans leur lutte pacifique. On se bat aujourd’hui pour mettre fin à de telles pratiques. Si nous ne nous débarrassons pas de ces mauvaises pratiques, je me demande comment ce pays pourrait se développer. Les gens ont fait un travail, alors, ils méritent d’être payés sans bruit, c’est aussi simple que ça. Malheureusement, beaucoup de guinéens n’ont pas compris le sens de cette transition encore. C’est regrettable franchement. Je les rassure que nous veillons au grain. Tous les malhonnêtes seront démasqués’’, a-t-il fustigé.
À rappeler que, cette situation est loin de connaître son épilogue, car ces membres de bureaux de vote comptent revenir les heures qui suivent pour réclamer cette fois-ci leurs primes de formation.
Affaire à suivre !
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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