Mars, un mois entièrement dédié à la femme à travers le monde entier. Le 8 mars dernier, l’humanité toute entière a célébré la journée internationale des droits des femmes. À l’instar des autres villes du pays, Kankan n’est pas restée en marge.

À cette occasion, notre correspondant régional est allé à la rencontre de Sona Traoré, une joueuse de football et capitaine de l’équipe féminine de football régionale des Hirondelles FC de Kankan. Dans cet entretien, cette jeune fille passionnée du sport roi est revenue sur ses débuts, les difficultés rencontrées et son ambition dans ce sport, un domaine largement dominé par les garçons.
D’entrée, elle a tout d’abord livré ses sentiments par rapport à la célébration de la journée internationale dédiée aux femmes. ‘’C’est un sentiment de satisfaction pour moi par rapport à la célébration de cette journée internationale dédiée aux femmes, c’est aussi l’occasion de faire le bilan de tout ce qui a été fait dans le cadre de la promotion et de la valorisation de la couche féminine à travers le monde’’, a-t-elle déclaré.
Le football, un passion embrassé depuis le bas âge, Sona Traoré nous parle de ses débuts dans cette sphère et comment est-elle parvenue à concilier le sport et les études.
‘’Depuis que je faisais l’école primaire, je jouais au football et c’était depuis que je faisais la 5ème année que j’ai commencé à pratiquer ce sport. Je me considérais depuis toute petite comme joueuse, parce que j’aimais le football et souvent, je jouais avec mes frères qui sont des garçons. J’ai toujours aimé jouer au ballon et malgré cet amour du cuir rond, le football ne m’a pas empêché de faire mes études qui était d’ailleurs le souci de mes parents.
Aujourd’hui, j’ai fini les études universitaires il y a 3 ans et jusqu’à présent, je joue au football. Maintenant, je suis la capitaine de l’équipe féminine régionale de Kankan appelée « Hirondelle FC ». Le football ne m’empêche pas de faire mes activités ménagères et professionnelles, tout dépend de la bonne organisation et de l’objectif qu’on vise’’, a-t-elle expliqué.

Comme toutes autres filles de son âge passionnée du football, Sona Traoré, aujourd’hui capitaine de l’équipe féminine régionale de football de Kankan, énumère les difficultés auxquelles elle a dû faire face et surmonter les défis dans la pratique de cette activité sportive.
‘’Souvent, les gens d’ici pensent que nous les femmes nous ne pouvons pas jouer au football, car selon eux, c’est un sport spécifiquement réservé aux hommes. Très généralement, ils nous minimisent et même parfois nous découragent en disant ceci: pourquoi ne pas faire d’autres activités comme la couture, la coiffure ou la teinture? Parce que pour eux, je ne serai jamais une joueuse professionnelle. Mais malgré tout ça, je ne me suis jamais et jamais découragée, car j’ai un objectif très clair et précis’’, a-t-elle relaté.
Parlant de ses ambitions, cette jeune joueuse prometteuse rêve d’arborer un jour le tricolore et de représenter l’équipe nationale féminine guinéenne de football dans les prochaines années.
‘’Pour un début, ce n’était pas du tout facile pour moi. Mais aujourd’hui, je suis la capitaine de la plus grande équipe féminine de la région de Kankan. Certaines de nos amies sont allées jouer pour les U-17 du Syli national féminin cette année. C’est pour dire que tout n’est qu’une question de temps.
Aujourd’hui, nos amies sont allées jouer et peut-être nous autres pourrons avoir la chance de représenter le tricolore national un jour aussi. Je le dis, tout ce que les hommes peuvent faire, toi en tant que femme tu le peux, c’est une question de volonté, de courage et d’objectivité. Si tu n’as pas le courage, tu ne peux pas jouer à ce sport, surtout nous les filles. Il y a beaucoup de choses qui se disent et qui se passent, mais il faut voir l’objectif. Les parents, les amis, tout le monde nous décourage, mais bon, l’objectif reste l’objectif. J’invite les jeunes filles à prendre leur destin en main. Moi, j’ai bénéficié de beaucoup d’avantage dans le football et je compte réaliser mon rêve : celui de devenir une joueuse professionnelle’’, a-t-elle laissé entendre.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
