L’ancien ministre de l’économie et des finances du régime Alpha Condé est jugé pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et de corruption, portant sur une somme de plus de 80 milliards GNF. L’argent aurait été soustrait de différents budgets du ministère de l’Economie et des finances, de 2011 à 2021.
L’audience du jour a été consacrée à la comparution des inspecteurs d’Etat auteurs du rapport versé au dossier de l’ordonnance qui a renvoyé Mamadi Camara devant la Chambre de jugement de la CRIEF.
Après que sa demande de comparution à huis-clos soit rejetée, Abdoulaye Oumar Diallo, le Vérificateur général adjoint de l’Inspection générale d’Etat a été appelé à la barre pour être entendu sur le rapport.
‘’Le rapport que nous avons établi était provisoire, nous n’avions pas eu mandat de la part de la Chambre de l’instruction de la CRIEF de recueillir les observations de Mamadi Camara. Le juge d’instruction nous a assurés qu’il se chargera de l’entendre’’, a-t-il assuré.
Il précise toutefois que son organe avait travaillé sur la base des pièces fournies par le ministère, avant de rappeler que leurs compétences se limitaient à constater et à caractériser les écarts financiers sur différents budgets.
La défense du prévenu, à son tour, a dénoncé un rapport « irrégulier », ne contenant pas les observations de son client. Par conséquent, Me. Lancinet Sylla a estimé que l’Inspection générale d’Etat a été désignée en catimini, par la Chambre d’instruction, « en violation de la loi » en la matière.
Le substitut du procureur, Ousmane Sanoh, demande donc que l’accusé prenne connaissance du contenu du rapport, bien que provisoire, afin que les débats se poursuivent. De son côté, Malick Marcel Oularé, rappelle que l’instruction finale, c’est à la barre. ‘’Je me réjouis de ce rapport de l’Inspection générale d’Etat. Nous avons confiance en elle’’, a-t-il conclu.
L’affaire est donc renvoyée au 26 mars 2025, pour permettre au prévenu de prendre connaissance du rapport et la suite des débats.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

