La principale ligne de transport reliant la moyenne Guinée à la capitale est actuellement frappée par une paralysie sévère. Depuis plusieurs jours, les voyageurs affluent vers la gare routière de Kouroula (Labé), mais peinent à trouver des véhicules pour rallier Conakry. En cause : la dégradation très poussée du réseau routier et le retour massif des vacanciers à la veille de la rentrée scolaire, créant un déséquilibre logistique majeur.

Le calvaire des voyageurs à la gare routière de Kouroula
Ce mardi 29 septembre 2026, l’ambiance à la gare routière de Kouroula, dans la commune urbaine de Labé, est à la résignation et à l’impatience. De nombreux citoyens dorment presque sur place ou reviennent chaque matin avec l’espoir de trouver une place dans un hypothétique taxi ou minibus.

C’est le cas de ce passager, visiblement épuisé, qui témoigne de l’urgence de sa situation.

« Je suis venu à la gare routière de Kouroula depuis hier sans trouver de véhicules de transport. Aujourd’hui, je me suis promené toute la matinée sans avoir un moyen de déplacement pour me rendre à Conakry. Mon père est malade, je dois partir dans l’urgence, mais ce manque de véhicules constitue pour moi une véritable difficulté », a-t-il témoigné.
État de la route et flux à sens unique : l’équation impossible
Si les véhicules se font si rares à Labé, ce n’est pas par manque de volonté des chauffeurs, mais plutôt en raison d’un concours de circonstances défavorables. Le retour des vacanciers vers la capitale crée un flux massif dans le sens Labé-Conakry, tandis que le trajet retour vers la moyenne Guinée se fait souvent à vide.

Thierno Aliou Sow, usager et observateur de la gare routière, décrypte cette conjoncture. « Ce manque de véhicules est dû à certains problèmes liés à l’état de la route Labé-Conakry. À cela s’ajoute le manque de passagers à Conakry pour venir en moyenne Guinée. Il y a souvent des pannes sur les véhicules car la route est en très mauvais état. Beaucoup de chauffeurs sont bloqués à Conakry sans pouvoir revenir. Malgré toutes ces difficultés, les prix des transports n’ont pas augmenté, mais la crise continue », a-t-il indiqué.
Le cri du cœur du syndicat des transporteurs (CNTG)
Face aux véhicules qui s’abîment dans les nids-de-poule et aux chantiers à l’arrêt, le syndicat des transporteurs de Labé monte au créneau. L’urgence absolue se situe sur le tronçon Labé-Mamou, devenu un véritable parcours du combattant.
Mamadouba Camara, chargé des conflits et négociations au sein de la CNTG de Labé, a lancé un appel direct aux autorités administratives locales pour des solutions transitoires.

« Les vacanciers se mobilisent pour rentrer à Conakry mais d’ici à Mamou, la route est impraticable. Je demande au gouverneur de Labé et au préfet de nous aider à reprofiler cet axe. Les Chinois n’ont pas accepté de travailler. En attendant le bitumage, nous sollicitons au moins un reprofilage de cette route », a-t-il souligné.
En l’absence d’interventions rapides de l’État pour réparer la chaussée, cette crise logistique risque de s’aggraver, compromettant le retour serein de milliers d’élèves et de travailleurs vers la capitale.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

