Dix jours seulement après la rentrée des classes, un incident pour le moins surprenant vient perturber le bon déroulement de l’année scolaire dans la commune rurale de Bounouma, située à 12 kilomètres du chef-lieu de N’Zérékoré. Un enseignant de l’école primaire locale a été expulsé de son logement par son concessionnaire, contraignant ses élèves à rester à la maison.
Une expulsion matinale qui paralyse l’école
L’information a été rapportée par Tedji Traoré, le directeur de l’école primaire de Bounouma. C’est aux premières heures de la matinée de ce mercredi 14 octobre 2026 que le maître d’internat ou résident a reçu l’injonction de libérer les lieux, le laissant avec ses effets personnels à la rue.
Face à cette situation critique, l’enseignant de la classe de CP1A, identifié sous le nom de Cé P Labo Mamy, a dû suspendre ses activités pédagogiques pour se lancer, aux côtés du président de l’Association des Parents d’Élèves (APAE), à la recherche d’un nouveau toit.
Interrogé sur cet événement fâcheux, le directeur de l’établissement ne cache pas son amertume.

« Aujourd’hui, ce matin, à 6 heures, il y a mon enseignant de CP1A, Cé P Labo Mamy, qui m’a appelé pour me dire qu’il venait d’être délogé comme ça par son concessionnaire. Il est maintenant au village avec le président de l’APAE à la recherche d’un nouvel endroit. Faut-il aller en classe alors que ses bagages se trouvent dehors ? C’est pour cette raison qu’il n’a pas pu travailler aujourd’hui. C’est vraiment difficile », a-t-il confié.
Un appel à la conscience civique des parents
Déplorant cet acte qui pénalise directement l’apprentissage des enfants, l’encadreur rappelle l’effort consenti par l’État pour combler le déficit de personnel enseignant dans les zones reculées.
« Au moment où l’État se bat pour combler les vides en enseignement, si vous qui êtes bénéficiaires de la formation des enfants, vous chassez un enseignant qui est là pour former vos enfants, cela devient compliqué pour nous encadreurs, mais également pour vous, parents d’élèves. Ce n’est pas bon du tout », a-t-il déploré.
Malgré nos tentatives pour recueillir la version des faits de l’enseignant concerné ou du propriétaire du logement, les différentes requêtes sont pour l’heure restées vaines. Cet épisode met en lumière la précarité des conditions de vie et de logement auxquelles font parfois face les enseignants affectés dans l’arrière-pays.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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