À Boké, deux semaines après l’entrée en vigueur de l’interdiction des plastiques à usage unique, les conséquences de la mesure commencent à se faire sentir dans le quotidien des citoyens. La disparition progressive des sachets d’eau du marché, conjuguée à la hausse du prix de l’eau embouteillée, rend l’accès à l’eau potable plus difficile pour une partie de la population.

Autrefois vendus à 500 francs guinéens, les sachets d’eau ont quasiment disparu des points de vente. Les consommateurs se tournent désormais vers les bouteilles d’eau, dont le prix est passé, selon plusieurs citoyens, de 2 500 à 3 000 francs guinéens. Une situation qui pèse davantage sur les dépenses quotidiennes des ménages et des petits commerces.

Pour Alpha Oumar Diallo, commerçant à Boké, la mesure affecte plusieurs secteurs d’activité. « Depuis l’entrée en vigueur de la mesure, tout le monde est impacté de façon négative à Boké. Dans les familles, les services et le commerce, tout le monde est concerné », déplore-t-il.
Selon lui, les autorités auraient dû prévoir une période d’adaptation pour permettre aux unités de production concernées de se conformer progressivement à la nouvelle réglementation et éviter une rupture dans l’approvisionnement.
Dans les espaces publics, la situation est également perceptible. François Kamano, rencontré dans un kiosque de Café Noir, estime que la hausse du prix des bouteilles d’eau et de certaines consommations alourdit les charges des citoyens.

« Les bouteilles qui étaient vendues à 2 500 GNF sont vendues de nos jours à 3 000. Avant, pour prendre le Café Noir, on payait 200 GNF. Actuellement, il faut 500 francs. C’est difficile », témoigne-t-il.
Malgré ces difficultés, certains citoyens reconnaissent l’importance de la mesure dans la lutte contre la pollution plastique. Mahawa Sylla, commerçante au marché Hangar, estime que l’interdiction peut contribuer à améliorer la salubrité de la ville, tout en appelant les autorités à mettre en place des solutions alternatives.
« La mesure est bonne parce qu’elle débarrasse la ville de ses ordures, mais il faut que l’État trouve des alternatives pour accompagner la mesure », souligne-t-elle.
Face à la demande croissante, certains revendeurs se tournent désormais vers l’eau provenant des forages, qu’ils conditionnent dans des bouteilles avant de la commercialiser. Cette pratique soulève toutefois des préoccupations en matière de sécurité sanitaire, notamment concernant la qualité et la potabilité de l’eau, lorsque celle-ci n’est pas soumise à un contrôle approprié.
À Boké, la mise en œuvre de l’interdiction des plastiques à usage unique pose ainsi un autre défi : concilier la protection de l’environnement avec la nécessité de garantir aux populations un accès abordable et sécurisé à l’eau potable.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

