La commune rurale de Koulé est plongée dans l’effroi et l’incompréhension. Ce week-end, une série d’attaques d’une violence inouïe a coûté la vie au prophète Thomas, un religieux local, et laissé sa fille entre la vie et la mort. L’agresseur présumé, Ernest Koulemou, a non seulement perpétré un carnage au domicile familial le samedi 19 septembre 2026, mais a également tendu une embuscade mortelle à l’ambulance qui évacuait les victimes quelques heures plus tard.
Carnage à domicile : une fillette éventrée
Le cauchemar débute le samedi 19 septembre, aux alentours de 20 heures. Un individu encagoulé s’introduit au domicile du prophète Thomas. L’homme s’en prend violemment à l’épouse du religieux, la blessant aux mains, avant de commettre l’irréparable sur leur petite fille, littéralement éventrée sur place.
Alertées par le centre médical (CMC), les autorités locales, dont le maire et ses adjoints, se précipitent sur les lieux. Foromo Kolié, troisième vice-maire de Koulé, décrit une scène insoutenable.
« On a vu une petite fille qui était poignardée au ventre, les intestins et autres étaient au dehors. […] Quand on est parti sur les lieux, on a vu effectivement des gendarmes. On a fouillé et il y avait deux litres d’essence, du chanvre indien qui était aussi dans un plastique. Ils nous ont expliqué qu’il est monté là-bas encagoulé », a-t-il relaté.
L’embuscade tragique de l’ambulance
Devant la gravité de l’état de la fillette, une évacuation d’urgence vers l’hôpital de N’Zérékoré est décidée. L’ambulance quitte Koulé vers 21 heures, avec à son bord la victime, son père (le prophète Thomas), le chauffeur et le maire de Koulé en personne.
Mais à 23 heures, près d’un pont traversant le fleuve Oulé (vers Kéremèda), le convoi médical est stoppé net par le même assaillant, cette fois-ci habillé en treillis militaire et lourdement armé (fusil et couteaux). Foromo Kolié rapporte le récit de cette embuscade.
« Le chauffeur est sorti parce qu’il a immobilisé le véhicule. L’assaillant a attaqué ce dernier. Le chauffeur a pu se défendre en prenant un couteau avec lui. […] Le prophète Thomas est sorti en disant : « Effectivement, c’est lui qui a poignardé ma fille. » Quand il a dit ça, l’assassin a abandonné le chauffeur et est venu vers lui pour le poignarder à plusieurs reprises. Monsieur le maire est intervenu pour sauver le prophète, il a aussi reçu des coups de couteau. Et l’assassin a fui », a-t-il ajouté.
Malheureusement, le prophète Thomas succombera à ses graves blessures quelques minutes plus tard.
Arrestation et zones d’ombre
Une vaste chasse à l’homme a immédiatement été lancée par les forces de défense et de sécurité. Les recherches ont rapidement porté leurs fruits.
Dès ce lundi 21 septembre au matin, vers 7 heures, le suspect a été localisé et interpellé à Kerema, son village d’origine, grâce à la vigilance des gendarmes qui disposaient de sa photo. Formellement reconnu par le maire blessé, Ernest Koulemou se trouve actuellement entre les mains de la gendarmerie.
Cet homme, célibataire et sans enfant, aurait reconnu avoir tué deux personnes lors de son équipée macabre, bien qu’à l’heure actuelle, seul le décès du prophète Thomas soit officiellement confirmé. Les enquêteurs devront désormais faire la lumière sur les motivations réelles de cet acte d’une barbarie sans nom.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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