L’intersyndicale de l’éducation, composée du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) et du Syndicat National de l’Éducation (SNE), a tenu un point de presse ce lundi 21 septembre au siège du SLECG.
Au cours de cette rencontre, les responsables syndicaux ont réagi à l’annonce faite par les autorités concernant l’organisation d’un nouveau concours de recrutement d’enseignants. Ils assurent ne pas être opposés au principe d’un concours, mais demandent au gouvernement de respecter les engagements pris dans le cadre du protocole d’accord signé avec les syndicats.
Prenant la parole, le secrétaire général du SNE, Pépé Balamou, a tenu à clarifier la position de l’intersyndicale.
«La décision reste claire, l’intersyndical que vous voyez n’est pas opposé à l’organisation d’un concours. Il faut que ça soit très clair. […] Personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République. »
Selon lui, la principale revendication concerne les enseignants contractuels ayant déjà participé à l’évaluation pratique de classe organisée dans le cadre du processus de recrutement engagé en 2024.
D’après les chiffres avancés par le responsable syndical, 14 500 enseignants contractuels communaux avaient été identifiés, recensés, biométrisés et soumis à cette évaluation. 10 000 ont été retenus et 4 500 n’ont pas été recrutés, principalement en raison du système de répartition proportionnelle par préfecture.
Pépé Balamou affirme que la grande majorité des 4 500 enseignants concernés ont pourtant obtenu la moyenne.

«Parmi les 4 500, il n’y a que 60 qui n’ont pas eu la moyenne. […] Tout le reste, les 4 500 ont eu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20. »
Pour le secrétaire général du SNE, ces enseignants devraient être intégrés conformément aux engagements pris, plutôt que de devoir reprendre une nouvelle évaluation pratique de classe.
«Si le protocole dit que les 4 500 enseignants contractuels, ceux qui ont eu la moyenne parmi eux, seront prioritaires à l’engagement, il n’a pas été dit qu’ils seront prioritaires au concours. »
L’intersyndicale demande également l’intégration des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry, dont le nombre est estimé par Pépé Balamou à près de 2 000.
Au-delà du recrutement, les syndicats dénoncent ce qu’ils considèrent comme des retards dans l’application de plusieurs dispositions du protocole d’accord.
Pépé Balamou estime que si certains engagements à incidence financière ont été respectés, des difficultés persistent sur les aspects techniques, notamment le traitement des listes des contractuels non retenus et la révision du statut particulier des personnels de l’éducation.
Il déplore également la situation de certains enseignants recrutés précédemment, notamment ceux dont les salaires ou les primes restent bloqués.
« Depuis décembre 2023, juillet 2024, juillet 2025. […] Et ceux qui ont eu la chance d’être débloqués, jusqu’à présent, ils n’ont pas leurs arriérés de salaire. »
Le syndicaliste accuse par ailleurs les responsables de l’administration de ne plus suffisamment échanger avec les organisations syndicales.
« Donc, le dialogue est rompu. […] Si les responsables d’une administration s’enferment, coupent le lien avec les responsables syndicaux qui doivent poser des problèmes, là, il y a lieu de s’inquiéter. »
Les syndicats ont également exprimé des préoccupations concernant les conditions matérielles dans lesquelles doit se dérouler la rentrée scolaire prévue le 5 octobre 2026.
Selon Pépé Balamou, plusieurs établissements scolaires présentent encore des insuffisances en matière d’infrastructures, de mobilier et de matériel didactique.
«Vous avez les images sur vos réseaux, sur vos sites, des écoles délabrées comme des poulaillers. […] Même à Conakry, il y a des écoles où les toilettes ne sont plus praticables, où il n’y a pas de tables-bancs. »»
Il affirme également que les enseignants et responsables du système éducatif attendent encore certains moyens nécessaires à la préparation de la rentrée.
Tout en réaffirmant qu’ils ne sont pas opposés au recrutement de nouveaux enseignants, les responsables syndicaux demandent que les contractuels déjà évalués et répondant aux critères définis dans le protocole soient traités en priorité.
«Nous ne nous opposons pas à un recrutement. Encore une fois de plus. Mais nous disons, les éléments qui ont travaillé doivent être d’abord engagés selon l’esprit et la lettre du protocole signé entre le gouvernement et nous. »
En conclusion, l’intersyndicale prévient que le respect des engagements pris avec les syndicats demeure, selon elle, une condition essentielle à une reprise des cours dans un climat apaisé.
«Tant que ces points-là ne sont pas satisfaits, il n’y a pas de possibilité d’aboutir à une ouverture réussie et apaisée des classes le 5 octobre 2026. »
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

