Une affaire présumée d’escroquerie liée au pèlerinage à la Mecque en 2026 est actuellement examinée par le Tribunal de première instance (TPI) de Kankan. Moussa Dioubaté est poursuivi pour avoir soutiré plus d’un milliard de francs guinéens à 18 candidats au pèlerinage, auxquels, il aurait promis de faciliter le voyage vers les Lieux saints de la religion musulmane.
Selon le substitut du procureur de la République près le TPI de Kankan, Mamady 2 Kébé, les faits auraient commencé à Conakry, où le prévenu aurait reçu les fonds par l’intermédiaire d’un certain Lamine Sylla.
« Le cas de Moussa Dioubaté, poursuivi pour des faits d’escroquerie au préjudice de plusieurs pèlerins ou prétendants pèlerins. Il était à Conakry, il a pris de l’argent avec un certain Lamine Sylla au nom de 18 personnes, comme quoi il allait les aider à les envoyer à La Mecque pour faire le pèlerinage de 2026, ce qui n’a pas été le cas. Il est également dans l’impossibilité de rembourser cet argent et c’est pourquoi il est poursuivi ici », explique le magistrat.
D’après le ministère public, Moussa Dioubaté aurait utilisé plusieurs manœuvres pour convaincre les candidats au pèlerinage de lui remettre leur argent. Il aurait notamment fait état de prétendues relations avec des personnalités proches du pouvoir.
« Le dossier, on l’a étudié de fond en comble et le ministère public a estimé que les faits d’escroquerie sont établis. Il a expliqué certains éléments pour convaincre Lamine Sylla, afin que ce dernier convainque à son tour les candidats au pèlerinage de lui remettre leur argent », précise Mamady 2 Kébé.
Le magistrat affirme que le prévenu aurait également évoqué la famille présidentielle ainsi que certains membres du gouvernement, en faisant croire qu’un nombre limité de candidats pouvait bénéficier de ces prétendues facilités.
« Il a même fourni des listes par rapport à cela, mais il s’est révélé que ces gens n’en étaient en rien. Les faits se sont passés à Conakry. Il s’est enfui pour venir se réfugier à Kankan. C’est ici qu’il a été interpellé et c’est ici qu’on est en train de le juger », ajoute le substitut du procureur.
Estimant les faits suffisamment établis, le ministère public a requis la rigueur de la loi contre le prévenu.
« Nous avons requis la peine maximale conformément aux dispositions de l’article 403 du Code pénal, qui prévoit une peine de 1 à 5 ans d’emprisonnement et le paiement de 10 à 50 millions de francs guinéens. Nous attendons la décision du tribunal », a déclaré Mamady 2 Kébé.
Le tribunal de première instance de Kankan doit désormais rendre sa décision dans cette affaire, qui implique 18 candidats au pèlerinage et porte sur un montant de plus d’un milliard de francs guinéens.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

