Le bras de fer judiciaire opposant Électricité de Guinée (EDG) à la municipalité de Ratoma n’aura finalement pas fait long feu. Ce mardi 15 septembre 2026, au tribunal de première instance de Dixinn, le syndicat des travailleurs d’EDG a officiellement retiré sa plainte. Cet apaisement fait suite à une médiation interne et à des excuses présentées par les autorités communales, actant ainsi un retour à la collaboration entre les deux entités.
Le pardon et la désescalade privilégiés
L’incident, survenu en marge d’une opération de recouvrement et de pose de compteurs menée par les agents d’EDG dans la commune de Ratoma, avait conduit l’entreprise publique à saisir la justice. Toutefois, des tractations en coulisses ont permis de désamorcer la crise.
À la sortie de l’audience, Cissoko Ahmed, secrétaire général du syndicat d’EDG, a tenu à clarifier la démarche de son institution.

« La vocation d’EDG, ce n’est pas seulement d’emprisonner quelqu’un ou de créer des problèmes à qui que ce soit. Notre vocation, c’est de faire payer l’électricité consommée par nos clients et de faire accepter la pose des compteurs. Les victimes ont été reçues par la mairie. Des excuses leur ont été présentées et nos collègues victimes ont également accepté ce pardon. […] C’est pourquoi nous sommes venus nous désister devant la juridiction », a-t-il affirmé.
Un désistement sous conditions strictes
Bien que la plainte soit retirée, l’abandon des poursuites ne signifie pas l’effacement de l’ardoise. Le syndicat d’EDG a été clair : ce désistement est assorti d’exigences fermes envers la municipalité.
La mairie de Ratoma s’est engagée à accompagner l’entreprise dans ses futures opérations de pose de compteurs. Surtout, Ahmed Cissoko a précisé que la paix est subordonnée au « paiement intégral de la facture d’électricité ainsi qu’à l’acceptation de la pose des compteurs ».
« Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès »
Du côté de la défense de la mairie, le soulagement est palpable. Me Bérété, avocat de Kabinet Diawara (maire de Ratoma), a salué la sagesse qui a prévalu dans ce dossier, qualifiant le conflit d’« incompréhension entre la mairie et le service public ».

« S’il y a eu une incompréhension […], par la sagesse, les choses ont été réglées entre les quatre murs. Il n’y a donc pas lieu de discuter davantage. On ne peut que se réjouir, parce que cela fait un procès de moins. L’image et la dignité des uns et des autres sont ainsi sauvegardées. C’est l’essentiel », a-t-il assuré.
Cet accord devrait permettre à EDG de reprendre sereinement ses opérations de recouvrement dans la vaste commune de Ratoma, avec, cette fois-ci, l’appui institutionnel des autorités locales.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

