Le nouveau Bureau national du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a été officiellement installé ce samedi 8 août 2026, à l’issue du quatrièmes congrès tenu en 25 juin dernier à la bourse du travail pour un mandat de cinq, dans un réceptif hospitalier de la place. L’événement a réuni plusieurs représentants des organisations professionnelles de médias, des autorités publiques, des partenaires et des acteurs de la société civile.

Prenant la parole à cette occasion, Sékou Jamal Pendessa, secrétaire général du SPPG, a dévoilé sa nouvelle feuille route.
« L’événement qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement le simple cadre protocolaire d’une cérémonie d’installation. Il marque le début d’un nouveau mandat placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action. Le thème retenu pour ce nouveau mandat est: « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ». Ce n’est pas un simple slogan. C’est une vision. C’est un appel. C’est une responsabilité partagée. Car le renouveau de notre presse ne dépend pas uniquement du Syndicat. Il interpelle les autorités publiques, les employeurs de médias, les journalistes, les partenaires techniques et financiers, les organisations professionnelles ainsi que l’ensemble des citoyens. Nous avons tous une part de responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable. Une presse capable d’informer avec rigueur, de contrôler l’action publique avec responsabilité, de promouvoir la paix sociale et de contribuer au développement national », a-t-il déclaré à l’entame de sa communication.
Poursuivant, il laisse attendre que le nouveau bureau entend de poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés.

« Notre cérémonie est également porteuse d’espoir. L’espoir de voir reprendre un dialogue constructif entre les autorités et les acteurs des médias. L’espoir de voir rouvrir les médias qui demeurent fermés, afin que des centaines de professionnels retrouvent leur emploi, leur dignité et leur rôle dans la société. L’espoir, également, que toute la lumière soit faite sur les disparitions inquiétantes de nos confrères Habib Marouane CAMARA et Sansy KEITA, mais aussi, le père du journaliste Mamoudou Babila KEITA. Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence, dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit’’, a-t-il ajouté.
Pour le secrétaire général du SPPG, cette convention doit permettre de renforcer la stabilité et la professionnalisation du secteur, tout en garantissant de meilleures conditions de travail aux employés des médias.
« Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne, c’est aussi assainir notre propre maison. C’est pourquoi le nouveau Bureau National fera de l’adoption de la Convention collective de la presse l’une de ses priorités majeures. Cette convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse. Bien au contraire. Elle constitue une garantie de stabilité, de professionnalisation et de prospérité pour l’ensemble du secteur. Aux employeurs qui nourrissent encore des inquiétudes, je voudrais dire ceci : Le SPPG ne mène aucune croisade contre les entreprises de presse. Nous savons que des médias solides sont indispensables à la protection durable des emplois. Notre ambition est simple : créer un cadre équilibré où les droits des travailleurs sont protégés sans compromettre la pérennité économique des entreprises.
Un salarié correctement rémunéré, protégé socialement, bien formé et respecté est plus motivé, plus productif et davantage engagé au service de son entreprise.
Comme l’écrivait Dale Carnegie, citant Bill Gepert : « Prenez soin de votre personnel, et vos affaires se porteront bien. » Je formule donc le vœu que nous puissions franchir ensemble cette étape historique dans un esprit de confiance mutuelle », a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, le SPPG souhaite également obtenir la mise en place d’un mécanisme national permettant aux journalistes et techniciens de bénéficier d’une meilleure couverture sanitaire.
« La question de la couverture sanitaire des professionnels des médias demeure également une urgence. Trop de journalistes et de techniciens tombent malades sans pouvoir accéder à des soins de qualité. Nous ne voulons plus que la maladie conduise nos confrères à exposer leur souffrance sur les réseaux sociaux à travers des appels désespérés à la solidarité.
Chaque professionnel mérite de recevoir des soins dans la dignité. Le SPPG poursuivra donc son plaidoyer afin qu’un véritable mécanisme national de protection sanitaire soit mis en place au bénéfice des professionnels des médias.
Nous saluons, à cet égard, le Fonds de Développement Social et de l’Indigence pour son accompagnement dans la prise en charge de quelques dossiers que nous avions soumis à sa direction en 2023 », a-t-il déclaré.
En ce qui concerne la formation continue des journalistes et techniciens sur l’ensemble du territoire national , le SPPG rassure.
« Durant ce mandat, notre action s’articulera autour de plusieurs priorités stratégiques:
Poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés ;
Promouvoir une législation moderne garantissant davantage la liberté de la presse et la protection des journalistes ;
Accélérer l’adoption de la Convention collective ;
Renforcer la formation continue des journalistes et techniciens sur toute l’étendue du territoire national ;
Poursuivre les actions de moralisation de la profession et promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux;
Rechercher des mécanismes de financement favorisant le journalisme d’investigation, indispensable à la transparence et à la bonne gouvernance ;
Améliorer les conditions sociales et sanitaires des professionnels des médias ;
Renforcer les relations internationales du SPPG afin de développer des partenariats utiles au rayonnement de la presse guinéenne.
À ce niveau, je voudrais exprimer notre profonde gratitude au PNUD, au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires, dont l’appui nous a permis d’organiser des sessions de formation dans toutes les régions administratives du pays et dans la zone spéciale de Conakry’’, a-t-il précisé.
Le syndicat affirme vouloir rester un partenaire « républicain, responsable et constructif », tout en promettant de se mobiliser lorsque la liberté de la presse ou les droits des journalistes seront menacés.
« Enfin, je voudrais lancer un appel respectueux aux autorités de notre pays. Le SPPG restera un partenaire républicain, responsable et constructif. Chaque fois que l’intérêt supérieur de la Nation l’exigera, nous privilégierons le dialogue. Mais chaque fois que les libertés fondamentales, les droits des journalistes ou la liberté de la presse seront menacés, nous assumerons, avec responsabilité et dans le strict respect des lois de la République, notre mission de défense des professionnels des médias. C’est cet équilibre entre dialogue et vigilance qui guidera notre action durant les cinq prochaines années », a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

