La demande formulée par l’État guinéen pour la restitution du crâne de l’Almamy Bokar Biro, dernier Almamy du Fouta théocratique, ainsi que ceux de son père, de son fils et du chef de ses armées, est une démarche salutaire et noble.
Cela ne nous surprend pas, car nous savons que le premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré, Guide suprême de la Révolution guinéenne, avait déjà entrepris le rapatriement des restes de l’Almamy Samory Touré, depuis le Gabon, ainsi que ceux d’Alpha Yaya Diallo, depuis la Mauritanie.
Je pense donc que la démarche actuelle du ministère de la Culture s’inscrit dans cette même logique historique. Nous remercions le ministre Moussa Moïse Sylla, ainsi que le secrétaire général du ministère, M. Dounokéta, qui ont travaillé sans relâche à la restitution de nos biens culturels et, au-delà, des restes de nos Almamy et de nos héros nationaux.
C’est une démarche salutaire. Nous pensons qu’aujourd’hui, la Guinée doit également demander la restitution de l’ensemble des œuvres et objets historiques liés à nos martyrs, à nos résistants et aux grandes figures de notre histoire, qui se trouvent encore dans des musées étrangers.
C’est une question de fierté nationale, mais aussi de justice historique. Un tort a été fait à la Guinée ; ce tort doit aujourd’hui être réparé.
Je pense que la famille de l’Almamy Bokar Biro, et lui-même, là où il repose, doivent être fiers de voir enfin ses restes revenir sur cette terre qu’il a tant aimée, défendue et protégée ; cette terre sur laquelle il est mort en donnant sa vie et son sang pour préserver l’héritage que ses ancêtres lui avaient légué.
Il s’est sacrifié pour que cet héritage ne soit ni souillé ni dominé par des puissances étrangères. Le retour de ses restes sur sa terre natale constitue donc un acte de dignité, de mémoire et de justice.
Nous remercions une nouvelle fois le ministre Moussa Moïse Sylla pour cette initiative.
Depuis le début du processus de restitution des œuvres et des biens culturels africains, plusieurs pays du continent ont engagé des démarches similaires. Je pense que la Guinée doit, elle aussi, poursuivre résolument ce combat pour la récupération de son patrimoine historique.
Je pense notamment à l’épée d’El Hadj Omar Tall, restituée au Sénégal. La Guinée pourrait légitimement s’intéresser à cette question, car El Hadj Omar Tall a également vécu en Guinée. S’il est vrai qu’il est né à Alwar, près de Podor, dans le Fouta-Toro, il s’est ensuite établi et a vécu en partie sur le territoire guinéen. À ce titre, son histoire appartient aussi à la mémoire historique de la Guinée.
Pourquoi le Sénégal aurait-il l’épée alors que, symboliquement, la Guinée pourrait revendiquer le fourreau ? L’histoire d’El Hadj Omar Tall est partagée entre plusieurs territoires et mérite d’être étudiée dans toute sa complexité.
Nous remercions donc les autorités guinéennes pour cette démarche salutaire.
Nous sommes fiers de dire qu’aujourd’hui, les restes de l’Almamy Bokar Biro pourront enfin reposer sur sa terre natale, cette terre qu’il a tant aimée et défendue, au cœur de ce Fouta théocratique auquel il a consacré sa vie.
C’est un acte de mémoire, de dignité et de justice historique.
Hamidou Sow,
Président de la Jeunesse de l’UDIR.

