Fondé avant la période coloniale et comptant aujourd’hui plus de 10 000 habitants, le village de Sounsounkorobo (secteur du quartier Kouroudakoro 1, dans la commune urbaine de Siguiri) reste le grand oublié des investissements publics. Privée d’école, de centre de santé et d’ouvrages de franchissement construits par l’État, la localité a décidé de prendre son destin en main.
Sous l’impulsion de son chef de secteur, la communauté finance sur ses propres fonds la construction d’un pont vital et amorce l’édification d’infrastructures sociales de base, tout en lançant un appel pressant aux autorités de la Transition.

L’enclavement et le coût humain d’un abandon historique
À Sounsounkorobo, l’absence d’infrastructures publiques ne se résume pas à un retard de développement : elle représente un danger quotidien pour les habitants. En saison des pluies, la traversée du cours d’eau Nanko pour entrer ou sortir du village devient un parcours à haut risque.
Mory Condé, président de la jeunesse de Sounsounkorobo, rappelle le lourd tribut payé par la communauté et salue l’initiative locale pour briser cet isolement.

« Depuis la colonisation jusqu’à maintenant, l’État n’a rien fait ici : nous n’avons ni école ni hôpital. À l’entrée du village, c’est l’eau du fleuve Nanko que l’on doit traverser. Quand il pleut, entrer et sortir devient un très grand problème pour nous ; c’est pourquoi notre chef de secteur a fait de la construction de ce pont une priorité absolue. Trois de nos enfants ont déjà perdu la vie en traversant ici. Nous sommes très reconnaissants envers notre chef de secteur, Famorobala Vieux : si tous les responsables étaient comme lui, le pays progresserait rapidement. Nous demandons au Général Mamadi Doumbouya et à son gouvernement de nous aider à obtenir une école, un hôpital et un deuxième pont de franchissement », a-t-il déclaré.
Une mobilisation citoyenne sur fonds propres

Face au silence de l’État, les résidents n’ont pas croisé les bras. Un pont d’accès principal est actuellement en phase de finition, tandis que les chantiers d’un poste de santé et d’une école primaire ont été lancés grâce aux contributions des habitants et au soutien de quelques donateurs privés.
Aboubacar Traoré, alias Famorobala Vieux, chef de secteur de Sounsounkorobo, revient sur cet effort communautaire exceptionnel et invite l’État à prendre le relais.

« L’argent que nous avons investi dans la réalisation de ce pont est énorme, mais tout a été fait sur nos fonds propres, avec l’appui de quelques personnes de bonne volonté. Nous faisons ainsi le travail de l’État pour accompagner le président de la République dans son projet de refondation. Aujourd’hui, nous demandons à l’État de nous venir en aide pour achever les deux autres projets vitaux que nous avons démarrés : l’école et l’hôpital », a-t-il lancé.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

