Huit mois après la pose solennelle de la première pierre par le Premier ministre Amadou Oury Bah, le site de la future cité des fonctionnaires de la région administrative de Kindia offre un visage désolant. Transformé en parking improvisé et en dépotoir, le terrain n’a encore vu l’ombre d’aucun engin de chantier.
Face aux inquiétudes des riverains et des agents de l’État, la direction de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) brise le silence : le retard est d’ordre financier et administratif, mais les travaux devraient effectivement démarrer entre la fin du mois d’août et la mi-septembre 2026.

Un site à l’abandon depuis décembre 2025
Le 23 décembre 2025, le lancement officiel des travaux avait pourtant suscité un immense espoir au sein de l’administration locale. Aujourd’hui, en lieu et place des ouvriers et des engins de terrassement annoncés, ce sont des véhicules en stationnement et des tas d’ordures qui occupent le domaine. Cette stagnation de huit mois a nourri l’incompréhension et le scepticisme au sein de la population.
La question de l’avance de démarrage (20 %) au cœur du blocage

Contacté par téléphone pour éclaircir les raisons de ce statu quo, le Directeur général adjoint de l’ANRU, Alpha Boubacar Bah, a apporté des précisions sur le parcours administratif du dossier et annoncé le déblocage imminent des fonds.
« Les travaux vont réellement démarrer à la fin du mois d’août. Les préalables administratifs n’étaient pas totalement bouclés. Il s’agissait notamment du paiement de l’avance de démarrage de 20 % en faveur de l’entreprise adjudicataire. Cette autorisation a été signée par la ministre des Finances il y a quelques semaines. L’entreprise devrait entrer en possession de ces fonds d’ici la fin de cette semaine ou au début de la semaine prochaine. Ce retard de paiement a empêché sa mobilisation sur le terrain », a-t-il laissé entendre.
Pourquoi certains chantiers (comme Kankan) ont-ils déjà démarré ?

Le responsable de l’ANRU a par ailleurs expliqué la disparité constatée entre les différentes régions du pays par la capacité financière propre aux entreprises concernées à préfinancer ou non les travaux.
« Certaines entreprises ont la capacité de préfinancer les projets. C’est ce qui s’est passé sur d’autres sites, notamment à Kankan, où les travaux ont démarré plus tôt. En revanche, à Kindia — comme à Labé, N’Zérékoré, Faranah, Boké, Coyah et Guéckédou —, les entreprises concernées n’ont pas pu ou n’ont pas souhaité prendre le risque de préfinancer les travaux. Elles ont donc attendu le paiement de l’avance de démarrage », a-t-il argué.
Excuses officielles et maintien du délai d’exécution de 12 mois
Tout en présentant ses excuses aux fonctionnaires de la région administrative de Kindia pour l’attente prolongée, le Directeur général adjoint a tenu à rassurer sur le respect du cahier des charges une fois la machine lancée.

« Vous pourrez constater le démarrage effectif des travaux vers la mi-septembre. Le contrat prévoit une durée d’exécution de douze mois pour réaliser cette cité résidentielle. Nous présentons nos excuses pour le retard enregistré […]. Les procédures administratives sont très rigoureuses et ont nécessité plus de temps que prévu. Nous rassurons les fonctionnaires affectés à Kindia et dans la région que les travaux commenceront effectivement dans la période annoncée et évolueront rapidement », a-t-il rassuré.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

