Le front social risque de se crisper à nouveau dans le secteur éducatif guinéen. Réunis ce samedi 1er août 2026 à la Bourse du Travail de Conakry, les enseignants contractuels communaux non retenus ont haussé le ton face au gouvernement.
Soutenus par l’intersyndicale de l’éducation, ils exigent leur intégration sans condition à la Fonction publique avant la réouverture des classes, sous peine de déclencher une grève générale et illimitée.
Un ultimatum clair fixé avant la fin des vacances

Pour les quelque 4 000 à 4 500 enseignants recalés lors des dernières évaluations, l’attente a assez duré. Par la voix du coordinateur du Collectif, Diaka Sow, les protestataires ont lancé un appel pressant aux centrales syndicales pour accentuer la pression sur le gouvernement.
« Aujourd’hui, je porte la voix des 4 000 enseignants contractuels. Nous vous invitons vivement à défendre notre dossier auprès du gouvernement guinéen. Faites tout votre possible pour que les arrêtés de 4 500 enseignants soient signés pendant ces vacances. À défaut, nous vous demandons de déclencher une grève générale et illimitée : tant qu’il n’y a pas d’arrêté d’engagement, il n’y aura pas de cours », a-t-il lancé.

Le rejet d’un nouveau concours et le diagnostic d’une « école malade »
Présent aux côtés des protestataires, le Secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), Michel Pépé Balamou, a apporté un soutien ferme à leur cause. Selon lui, ces enseignants ayant déjà fait leurs preuves en classe, aucun nouveau concours ne devrait conditionner leur intégration.
« Vous avez été recalés non pas par incompétence, mais pour des raisons que l’on ignore. Nous disons qu’il n’y a pas de concours possible, parce que vous avez déjà été évalués en pratique de classe, devant vos élèves. […] Le préalable pour l’État, c’est d’abord d’engager les 4 500 enseignants contractuels », a-t-il averti.
Le leader syndical a par ailleurs brossé un tableau alarmant du système éducatif national, dénonçant un déficit criant d’effectifs sur le terrain.

« Aujourd’hui, l’école guinéenne est malade. […] Lorsqu’un élève passe huit mois sans professeur de physique ou de chimie et qu’on veut l’évaluer dans cette matière, il va faire quoi ? Il va copier. Le premier travail que nous devons faire, c’est de travailler à la qualification des enseignements. Il n’y aura pas de possibilité d’ouvrir l’école de la République alors qu’il y manque 18 000 enseignants, sans que vous ne soyez engagés », a-t-il menacé.
Vers un dénouement de la crise ?
Malgré la virulence des propos et la menace d’un blocage à la rentrée, l’espoir d’une résolution reste de mise du côté de l’intersyndicale. Le Secrétaire général adjoint de la FSPE, Alpha Gassime Barry, a voulu rassurer sa base en soulignant que le dossier est désormais pris très au sérieux au plus haut niveau de l’État.
« Cette situation est devenue une patate chaude pour le gouvernement. […] Soyez-en rassurés, bientôt nous verrons le bout du tunnel », a-t-il affirmé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

