La viande consommée dans la préfecture provient d’un site aux conditions d’hygiène plus qu’alarmantes. C’est le constat amer dressé ce lundi 20 juillet 2026 par les autorités locales, conduites par le préfet et la maire de la commune urbaine, lors d’une visite inopinée à l’abattoir préfectoral du quartier Sogbè 3. Face au délabrement total des lieux, des mesures d’urgence ont été dictées pour protéger la santé publique.


Un désastre sanitaire et environnemental
Depuis un certain temps, l’unique abattoir de Kissidougou est plongé dans une insalubrité inacceptable. Manque cruel de canaux d’évacuation, planchers crasseux, odeurs nauséabondes et hangars délabrés : le tableau dépeint par les visiteurs du jour fait froid dans le dos.

L’inspecteur général de police Mamadou Lamine Goubhi Sow, préfet de Kissidougou, n’a pas caché son indignation.

« En me rendant ici ce matin, j’ai fait des constats qui sont vraiment déplorables. […] On est soucieux non seulement de la santé de ceux qui travaillent ici, mais aussi de la santé des populations qui vont consommer de la viande. Franchement, avec ce que je vois ici, j’ai pitié de la population », a-t-il déploré.
Des injonctions fermes et un ultimatum de deux mois

Refusant de rester les bras croisés, le préfet a immédiatement émis une série de recommandations fortes, exigeant une synergie d’action entre la mairie, les services de l’élevage et les autorités du quartier. Parmi les urgences dictées sur place :
- Creuser une fosse septique adaptée pour l’évacuation des débris et stopper la pollution du voisinage;
- Repeindre les bâtiments (incluant le bureau du vétérinaire) pour assainir l’environnement visuel;
- Revêtir les planchers de carreaux pour faciliter le nettoyage.

Concernant l’absence de clôture qui laisse le champ libre aux chiens errants, le préfet a promis de remonter le dossier aux instances supérieures. Un ultimatum a été posé : une mission d’inspection repassera dans deux mois pour vérifier l’exécution de ces directives.
Les acteurs de la filière entre bonne volonté et manque de moyens
Du côté des professionnels, le message semble être passé. Hassan Bah, nouveau président des interprofessions nationales des filières bétail-viande, a rassuré les autorités de sa coopération pour changer l’image des lieux dans un bref délai.

Toutefois, la réalité du terrain est complexe. Houssein Guèye, inspecteur des viandes de l’abattoir, a profité de cette visite pour dresser un chapelet de doléances vitales pour le fonctionnement de l’infrastructure :
- L’installation d’un château d’eau (condition sine qua non pour l’hygiène);
- L’aménagement d’un espace d’enfouissement pour les carcasses impropres à la consommation;
La sécurisation du site pour empêcher le travail des enfants mineurs et l’accès aux bouchers non documentés, souvent sources de tensions.
« Actuellement en Guinée, il n’y a pas d’abattoir digne de ce nom, il n’y a que des aires d’abattage », a déploré l’inspecteur Guèye.
Pour apaiser la situation et structurer ces réformes, la maire de la commune urbaine a annoncé la tenue très prochaine d’une grande concertation avec tous les acteurs de la filière bétail-viande.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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