À Djakhabia, district de la commune rurale de Kolaboui, situé à une quinzaine de kilomètres du centre de la sous-préfecture, les jeunes des districts de Djakhabia, Tassibon, Sogoboly et Kamikolon ont tenu une réunion ce week-end pour porter une revendication commune : le retour du recrutement de proximité pour les emplois réservés aux communautés impactées par les activités minières.

Les participants estiment que les mécanismes actuels de recrutement ne permettent plus aux jeunes riverains de bénéficier des opportunités d’emploi créées par les sociétés minières implantées dans leur environnement. Ils plaident pour que les recrutements communautaires soient à nouveau organisés au niveau local, comme cela se faisait auparavant.
Pour Abdoulaye Campel Camara, citoyen de Djakhabia, la gestion actuelle du processus de recrutement manque de transparence.

« Les présidents des districts de Djakhabia, Sogoboly et Kamikolon auraient accepté de remettre le recrutement entre les mains du maire de Kolaboui. Aujourd’hui, lorsque les entreprises demandent 20 jeunes, on nous annonce seulement trois places. Les présidents des jeunesses ne sont même plus associés au processus. Nous demandons aux autorités compétentes de ramener le recrutement à Djakhabia », a-t-il déclaré.
Même son de cloche chez Mohamed Taslimi Dansoko, président de la jeunesse du district de Djakhabia. Il estime que les populations vivant au cœur des zones d’exploitation minière ne bénéficient pas suffisamment des emplois qui leur sont pourtant destinés.

« Avant, le recrutement se faisait ici. Depuis son transfert à la commune, nous ne comprenons plus ce qui se passe. Pour 20 postes, notre district n’en obtient que trois. Pourtant, ce sont nos communautés qui supportent les conséquences de l’exploitation minière. Nos terres agricoles ne produisent plus comme avant et les activités de pêche ont fortement diminué », a-t-il déploré.
Au cours de la rencontre, les jeunes ont également attiré l’attention sur la faiblesse des retombées socio-économiques des activités minières dans leurs localités. Ils souhaitent que les programmes de responsabilité sociétale des entreprises accordent une plus grande place à la formation professionnelle, à l’emploi des jeunes et au développement des communautés riveraines.
Mohamed Lamine Sylla, citoyen de Tassibon, a notamment dénoncé le manque d’opportunités offertes aux jeunes de la localité pour les formations à l’étranger.

« Chaque année, WAP envoie des travailleurs en Chine pour des formations. Jusqu’à présent, aucun jeune de notre localité n’en a bénéficié. Les postes de responsabilité restent occupés par des expatriés. Nous ne comprenons pas non plus pourquoi le recrutement est désormais centralisé à Djassia », s’est-il interrogé.
Avec ses cinq secteurs et une population estimée à près de 2 000 habitants, Djakhabia figure parmi les districts les plus touchés par les impacts de l’exploitation minière dans la commune rurale de Kolaboui. La localité est traversée par plusieurs infrastructures minières, notamment des routes de transport de la bauxite et des installations portuaires.
À travers cette mobilisation, les jeunes des quatre districts espèrent attirer l’attention des autorités administratives et des sociétés minières sur leurs préoccupations. Ils souhaitent l’instauration d’un mécanisme de recrutement plus transparent et plus équitable, donnant la priorité aux communautés directement impactées par les activités minières.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
