Nous vivons cette année un marathon institutionnel sans précédent. Notre président de la République a été investi le 17 janvier 2026, nos maires ont pris leurs fonctions ce 2 juillet 2026, et pas plus tard que le 17 juillet 2026, notre Parlement a été mis en place.
Regardons les faits, puisque désormais, toute la nation n’attend plus que la configuration finale du Sénat. C’est une évidence. Nous nous apprêtons à tourner une page de notre histoire collective. J’ai dit.
Depuis la proclamation de notre indépendance en 1958, notre architecture républicaine reposait sur une seule et unique chambre législative. Ce monopole de l’Assemblée appartient désormais au passé. Comprenons bien la portée de ce tournant, car avec l’avènement prochain du Sénat, une innovation introduite par la Constitution de septembre 2025, nous osons enfin le bicamérisme. C’est un choix historique que nous devons applaudir bien fort. J’ai dit.
Mesurons pleinement l’importance de cette mutation. Le Sénat est une institution permanente, un véritable rempart de stabilité qui ne peut être dissous par l’Exécutif. Sa mission principale consiste précisément à équilibrer les pouvoirs. Il devient la voix officielle de nos collectivités décentralisées et de nos forces vives.
Dans les faits, cette seconde chambre agira comme un filtre de sagesse pour le vote de nos lois. Elle assurera une meilleure représentation de nos territoires, si souvent oubliés des grands centres de décision.
Pour y siéger, disons-le clairement, les critères sont particulièrement stricts, sachant que tout candidat doit jouir de ses droits civils et politiques, et afficher un âge compris entre 40 et 80 ans. C’est l’exigence absolue de l’expérience.
Quant au mode de désignation de nos futurs sénateurs, dont le mandat durera 6 ans, il combine subtilement la légitimité locale et l’expertise nationale.
Retenons bien ce mécanisme, car d’une part, les deux tiers des membres seront élus par un collège électoral composé de nos conseillers régionaux et communaux. Nos régions reprennent ainsi le contrôle de leur destin.
D’autre part, le dernier tiers sera directement nommé par le chef de l’État, un choix présidentiel qui ciblera des per-sonnes-ressources et des leaders issus de nos structures socioprofessionnelles. J’ai dit.
Si l’on s’interroge sur les véritables prérogatives de cette nouvelle assemblée, sachez que le Sénat coécrira les lois et contrôlera l’action du gouvernement. Une loi organique viendra sceller les détails pratiques de ce fonctionnement conjoint.
Dès lors, ne boudons pas notre plaisir face à cette refondation. Ce bicamérisme est le reflet d’une démocratie qui s’enrichit et accepte enfin la contradiction constructive. Il donne une tribune permanente à nos régions et à nos corporations professionnelles. C’est un contre-pouvoir. C’est le signal que notre législation grandit, écoute sa base et consolide ses fondations de façon irréversible.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 20 juillet 2026
