Le couperet est tombé pour Abdoulrahim Bah. Poursuivi pour usurpation de titres, de fonctions, d’uniformes, de signes et d’emblèmes réservés, ce faux militaire a été fixé sur son sort ce mercredi 8 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Dixinn.
Reconnu coupable de l’intégralité des charges qui pesaient contre lui, il passera la prochaine année derrière les barreaux.
Une condamnation conforme aux réquisitions du Ministère public
Dans sa décision, la juridiction d’instance a prononcé une peine d’un an d’emprisonnement ferme, assortie du paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens.
Ce verdict suit de très près les réquisitions du ministère public. Le parquet avait en effet formellement demandé que le prévenu soit retenu dans les liens de la culpabilité, réclamant un an de prison ferme et une amende d’un million de francs guinéens.
Le procureur avait d’ailleurs tenu à rappeler que l’accusé n’avait strictement jamais fait partie des effectifs de la Gendarmerie nationale, balayant ses justifications bancales concernant l’origine de son équipement (qu’il affirmait avoir reçu d’un gendarme inconnu).
« Il a agi en toute connaissance de cause. Un tel comportement mérite d’être sanctionné », a fermement indiqué le procureur lors de ses réquisitions.
Le matricule d’un défunt et une interpellation rocambolesque
Le dossier a révélé un mode opératoire pour le moins audacieux. Lors de la précédente audience, Abdoulrahim Bah avait fini par craquer et reconnaître les faits. S’il s’était initialement présenté à la barre comme un véritable agent des forces de l’ordre, allant jusqu’à décliner un numéro de matricule, son interrogatoire a mis à jour une macabre supercherie : il utilisait en réalité le matricule d’un gendarme décédé.
Son aventure a pris fin de manière tout aussi absurde. L’usurpateur a été interpellé directement à l’Escadron de Gendarmerie Mobile d’Intervention (EGMI) de Bambéto, où il s’était présenté en tenue pour… prendre son service, affirmant avec aplomb y avoir été affecté.
Des regrets tardifs
Face à l’évidence de sa culpabilité et avant que le tribunal ne se retire pour délibérer, le prévenu n’a eu d’autre choix que d’implorer la clémence des juges.
« Pour ma défense, je demande pardon. Je regrette cette situation », a-t-il humblement déclaré. Des mots qui n’ont pas suffi à lui éviter une peine d’incarcération ferme.
Alpha.

