Le Chef de l’État a décidé de réorganiser en profondeur le secteur aurifère guinéen. À travers un décret présidentiel publié ce mercredi 8 juillet 2026, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a fixé de nouvelles règles strictes régissant l’exportation de l’or raffiné. L’objectif affiché est clair : renforcer la traçabilité, imposer la transparence, garantir le rapatriement des devises et s’aligner sur les normes internationales.
Des acteurs restreints et une documentation rigoureuse
Le décret présidentiel met fin à l’exportation anarchique du métal précieux. Désormais, l’exportation de l’or raffiné est un privilège exclusif réservé à des entités bien définies : les sociétés minières industrielles et semi-industrielles, les comptoirs d’achat et d’exportation dûment agréés, ainsi que la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).
Pour qu’une exportation soit validée, un dossier administratif exhaustif est désormais exigé. Chaque expédition devra obligatoirement être accompagnée des documents suivants :
- Un certificat d’origine;
- Un certificat d’analyse délivré par la raffinerie;
- Une attestation de conformité de l’Organe de Gestion de l’Environnement (OGE);
- La facture commerciale;
- Le contrat de vente ou l’ordre d’achat;
- La déclaration douanière;
- La preuve de domiciliation bancaire;
- L’engagement formel de rapatriement des devises;
- L’autorisation d’exportation délivrée par le ministère en charge des Mines.
Traçabilité et priorité absolue aux raffineries locales
Le gouvernement impose également une chaîne d’approvisionnement responsable. Celle-ci repose sur l’évaluation des risques, le respect de l’environnement, ainsi que la lutte acharnée contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Pour matérialiser cette volonté, une plateforme nationale de traçabilité de l’or verra bientôt le jour. Elle permettra d’enregistrer les producteurs, de suivre les mouvements du métal à la trace et de délivrer les certificats d’origine.
Mesure phare de ce décret pour valoriser l’économie locale : les producteurs et opérateurs ont désormais l’obligation d’approvisionner en priorité les raffineries d’or agréées et installées sur le territoire guinéen avant d’envisager toute exportation.
Des sanctions sévères après une période de transition
L’État se dote d’un arsenal répressif pour faire respecter cette nouvelle réglementation. En cas de manquement, les contrevenants s’exposent à de lourdes peines :
– Sanctions administratives : Suspension ou retrait pur et simple de l’autorisation d’exercer, saisie de l’or et gel des autorisations d’exportation.
– Sanctions pénales : Poursuites pour exportation frauduleuse d’or brut, punies conformément aux dispositions du Code minier et du Code des douanes.
Afin de permettre aux acteurs du secteur de se conformer à ces nouvelles exigences, le décret accorde une période transitoire de 90 jours à compter de son entrée en vigueur, avant l’application intégrale et stricte de la loi.
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