Face à l’augmentation fantaisiste du prix de l’essence qui a tout récemment secoué les activités dans la commune urbaine de Guéckédou, le parquet du TPI de la place, n’est pas resté indifférent. Après la condamnation des 14 personnes interpellées dans cette affaire, le procureur de la République près le tribunal de première instance, a encore durci le ton.
En effet, l’empereur des poursuites a formellement interdit la vente du carburant dans les marchés parallèles communément appelé marché noir. Dans une interview accordée à notre correspondant basé dans la région forestière, ce samedi 4 juillet 2026, Patrice Koma Koïvogui a dit avoir constaté avec regret, ce qu’il qualifie de pagaille sur le marché ayant entraîné une flambée des prix de l’essence.
‘’Tout d’un coup, le marché noir qui était revendu à 13 000 francs guinéens est passé directement de 15 000 à 20 000 francs. Ce qui a entraîné directement des conséquences sur le plan économique, notamment au niveau du transport. Alors, puisque la vente du carburant sur le marché noir est interdite par l’article 2 de la loi portant répression de l’importation, l’achat et la vente du carburant, nous avons décidé de mettre en mouvement l’action publique pour interpeller tous les auteurs et les traduire devant le tribunal.
Parallèlement à ces poursuites, nous avons donc pris la décision d’interdire carrément la vente du carburant sur le marché noir dans la commune urbaine’’, a annoncé le magistrat débout.
Pour lui, la lutte ne se limite pas à ce niveau. D’autres mesures sont évidemment envisagées contre les conducteurs de motos-taxis.
‘’Puisqu’on a constaté également que les gens ont profité de cette situation, c’est-à-dire les conducteurs de motos-taxis, pour augmenter le prix du transport, au lieu de 3 000 francs à 5 000 francs, nous avons également pris la décision de les interpeller pour que le transport soit ramené à 3 000 francs. Nous promettons à ces populations que désormais, nous veillerons au gré pour que le carburant qui vient à leur compte ici soit vendu au prix indiqué par l’autorité, c’est-à-dire l’État’’, a-t-il promis.
Il a toutefois indiqué qu’au-delà de ça, le parquet qu’il dirige, ne va jamais se fatiguer désormais de traquer et de traduire devant les juridictions, les pratiquants de cette mauvaise habitude.
Mieux, au niveau des citoyens, le procureur a rappelé qu’à l’issue des informations sur certaines stations-service dans lesquelles des gérants se permettent de surfacturer le prix du bidon (au lieu que le bidon de 20 litres ne soit vendu à 240 000 francs, certains revendent à 245 000, 250 000, soit 5 000 ou 10 000 francs de plus), de fortes mesures sont envisagées.
‘’Aujourd’hui, nous leur rassurons qu’au niveau de toutes les stations, mon numéro est affiché. Tout citoyen qui ira pour se faire servir en carburant et qu’on lui impose un prix au-delà de ce qui est dit par l’autorité, c’est-à-dire, le prix de 12 000 francs, l’intéressé n’a qu’à nous appeler pendant toute la dysfonction. Pour ce qui est de la ville, nous répétons, le marché noir est désormais interdit’’, a-t-il insisté.
Une mesure qui oriente désormais les propriétaires d’engins roulants à aller se ravitailler au niveau des stations-service. En ce qui concerne les prestataires, des artisans, des commerçants qui ont besoin de faire fonctionner leur groupe à travers du carburant, une exception est annoncée par le parquetier.
‘’Ces gens feront exception au niveau de la commune urbaine. Et pour qu’ils soient ravitaillés, pour le moment, il suffit juste pour eux de venir au niveau du parquet. Un ticket leur sera délivré et ce ticket est implanté au niveau de la station et ils seront servis librement, sans payer’’, a précisé Patrice Koma.
Quant au cas des communes rurales, – une des préoccupations qui a été posée devant le procureur lors d’une récente rencontre -, une exception a été accordée pour permettre aux citoyens d’avoir les produits pétroliers par le canal des vendeurs qui ont été agréés auparavant.
‘’Naturellement, munis de leur autorisation délivrée par la SONAP pour le sous-préfet, contresignée par le parquet, c’est-à-dire le procureur de la République, avec un ticket qui leur permettra d’aller se faire servir au niveau des stations’’, a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le procureur a rassuré que toutes ces mesures s’appliqueront dans la plus grande transparence, sans aucun frein. Il a tout de même estimé que ces mesures aideront le parquet à désengorger les stations-service et permettre aux citoyens d’avoir accès à ces produits hautement stratégiques.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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