Les avertissements et les dispositifs de surveillance renforcés n’ont visiblement pas dissuadé tout le monde. Ce mercredi 1er juillet 2026, le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré a ouvert le procès de trois personnes (dont deux jeunes filles) interpellées pour des faits présumés de fraude lors des récents examens de fin d’études élémentaires (CEE) et du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC). Une audience révélatrice des nouvelles méthodes de triche et de la fermeté de la justice.

Massé Touré : Le mystère du cahier de 10ème année
La première à comparaître fut Massé Touré, qui se présente comme une élève de 9ème année. Elle a été interpellée aux abords du centre d’examen de Mohomou, soupçonnée d’avoir tenté d’introduire frauduleusement un cahier de leçons dans une salle d’évaluation du BEPC.
À la barre, la jeune fille a nié en bloc. Elle a affirmé se trouver près du centre uniquement pour attendre une amie candidate. Un face-à-face tendu a alors eu lieu avec Moussa Camara, procureur par intérim, qui a relevé une incohérence majeure : le cahier retrouvé dans la salle portait le nom de l’accusée et contenait des cours de 10ème année.
« Comme je dois affronter les épreuves du BEPC l’année prochaine, j’ai ce cahier pour avoir une connaissance préalable. Ma camarade qui est candidate n’avait pas son cahier à jour, c’est pourquoi elle a emprunté le mien pour la révision », s’est-elle défendue, précisant avoir été la seule arrêtée parmi un groupe de badauds.
Sophie Kolié : Le téléphone androïde et l’implication des surveillants
Le cas de Sophie Kolié, candidate au BEPC, a jeté un froid dans la salle d’audience. Surprise par un délégué national en train de consulter un smartphone en pleine épreuve, l’accusée a choisi la voie de la franchise.
Elle a plaidé coupable, mais ses aveux ont pris une tournure inattendue en mouillant directement l’encadrement de la salle.
« Je reconnais que j’ai été interceptée par le délégué avec mon téléphone. Mais c’est le surveillant lui-même qui nous dictait les réponses », a-t-elle lâché devant le président du tribunal, ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles enquêtes contre le corps enseignant.
Aimé Malomou : La fuite numérique sur les réseaux sociaux
Le troisième dossier concerne la cyber-fraude. Aimé Malomou, qui devait affronter le baccalauréat cette année, a vu ses chances s’envoler suite à son arrestation. Il est accusé d’avoir publié le sujet d’Éducation Civique et Morale (ECM) du CEE sur Facebook, à partir d’un groupe WhatsApp spécialement créé pour les examens.
Si le prévenu a d’abord tenté de nier les faits, la pression des questions du ministère public a fini par le faire craquer. Il a avoué avoir mis en place ce canal de diffusion illicite.
Renvoi au 8 juillet pour les réquisitions et plaidoiries
Après avoir entendu les versions des trois accusés et clôturé les débats de fond, le président du tribunal, Ismaël Nabé, a suspendu l’audience. Le dossier est mis en délibéré et renvoyé au mercredi 8 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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