Un nouveau différend foncier éclate dans la sous-préfecture de Kolaboui, préfecture de Boké. À Kamoukouloun, El Hadj Karamba Guirassy, un important exploitant agricole de la localité, accuse une société minière, présentée par les riverains comme intervenant dans le cadre d’un projet portière, d’avoir entamé des travaux sur sa rizière sans son consentement.

Selon l’agriculteur, des engins de type Poclain, accompagnés de travailleurs chinois, ont fait irruption sur son domaine dans la matinée du samedi, pour y effectuer des travaux de terrassement, sans notification préalable.

« Ce sont des machines Poclains qui sont venues dans mon champ ce matin, accompagnées de Chinois. Ils se sont mis à creuser sans aucune raison valable. Une clôture avait pourtant été installée pour délimiter ce qui appartient à l’État et mon domaine. Ils sont entrés avec des menaces », dénonce-t-il.

Pour El Hadj Karamba Guirassy, cette intervention survient alors qu’un contentieux foncier est déjà pendant devant les autorités compétentes. Il affirme que plus de 100 hectares de ses terres lui ont été retirés puis intégrés au domaine de l’État, une décision qu’il conteste.
L’agriculteur soutient que les autorités administratives et judiciaires sont pleinement informées de la situation.
« Ce domaine m’appartient. Ce sont des anciens Nalous qui me l’ont vendu et je dispose de tous les documents justificatifs. Le sous-préfet, le préfet de Boké, le gouverneur ainsi que le procureur sont tous informés de ce dossier », affirme-t-il.

Au-delà du litige foncier, El Hadj Karamba Guirassy indique vouloir poursuivre ses activités agricoles afin de contribuer aux efforts de développement du secteur.
« Pendant que d’autres ont choisi de s’installer en ville, nous avons décidé de rester ici pour accompagner l’État dans la valorisation de l’agriculture. C’est pourquoi, nous souhaitons que de telles pratiques cessent », plaide-t-il.

Inquiet des conséquences de l’expansion des projets miniers sur les communautés locales, le doyen appelle les autorités à mieux protéger les droits des populations affectées. Il estime que les investissements miniers devraient générer davantage de retombées économiques pour les riverains et va jusqu’à proposer que les communautés puissent bénéficier d’une participation au capital des sociétés opérant dans la zone.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
