L’ancien Premier ministre guinéen et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a de nouveau fait entendre sa voix sur la scène internationale. Lors du Dialogue politique annuel 2026 du Club de Madrid, qui s’est tenu du 22 au 24 juin dans la capitale espagnole, le leader politique a co-animé un panel stratégique consacré à la création de la Banque de Développement pour la Résilience et la Prospérité (BDRP), également surnommée la « Banque de la Nature ».

La « Banque de la Nature » : Une réponse aux chocs climatiques et à la dette
Actuellement en cours de structuration, cette nouvelle institution financière se fixe pour objectif de voler au secours des économies les plus fragiles de la planète. Lors des échanges tenus l’après-midi du 23 juin, aux côtés du directeur désigné de la Banque, Cellou Dalein Diallo a mis en lumière les nobles ambitions de ce projet. La BDRP ciblera en priorité :

– Les petits États insulaires, menacés par la montée des eaux;
– Les pays enclavés, pénalisés par leur géographie;
– Les économies fragiles, asphyxiées par le fardeau du surendettement et l’exposition récurrente aux chocs climatiques.
Le diagnostic sans concession de l’ancien financier

S’appuyant sur son expertise d’ancien économiste et de gouverneur de la Banque Centrale, le président de l’UFDG a toutefois tenu à confronter les idéaux de ce projet aux dures réalités de la finance mondiale. Il a pointé du doigt les défis structurels majeurs qui risquent d’entraver le fonctionnement de la BDRP.

Cellou Dalein Diallo a notamment dénoncé deux freins fondamentaux au développement des pays du Sud :
– La contraction de l’aide publique au développement (APD) de la part des pays riches;
– La sévérité des agences de notation, qui ont tendance à surévaluer les risques associés aux pays pauvres, bloquant ainsi l’accès de ces États aux marchés internationaux des capitaux et décourageant les Investissements Directs Étrangers (IDE).
Un appel à l’engagement ferme des pays industrialisés
Pour éviter que la « Banque de la Nature » ne devienne une coquille vide ou une énième institution sans moyens d’action réels, le leader politique guinéen a formulé une recommandation claire à l’endroit des promoteurs du projet. Il a recommandé que les bases de cette banque soient posées sur un socle solide.

« J’ai recommandé aux promoteurs du projet d’obtenir en amont un engagement politique et financier fort des pays industrialisés, condition nécessaire à la crédibilité, à la viabilité et à l’efficacité de cette nouvelle banque de développement », a-t-il indiqué.
Cette participation au Club de Madrid permet à Cellou Dalein Diallo de réaffirmer sa stature d’homme d’État à l’international, en se positionnant sur les enjeux cruciaux du financement climatique et de la résilience économique, des thématiques d’une acuité particulière pour la Guinée et l’ensemble du continent africain.
Alpha Madiou Bah.
