Le tribunal criminel de première instance de Kankan a rendu ce lundi 22 juin 2026, son verdict dans l’affaire opposant le ministère public à plusieurs ressortissants de Gberedou-Baranama, poursuivis pour des faits de meurtre, de coups et blessures volontaires ainsi que de complicité.
À l’issue de l’audience, le procureur de la République près le TPI de Kankan, Fodé Bintou Keïta, s’est déclaré satisfait de la décision rendue. Il a rappelé que, lors de ses réquisitions, le ministère public avait sollicité une peine de 30 ans de réclusion criminelle contre l’ensemble des accusés renvoyés devant la juridiction.
Selon lui, sur les dix personnes poursuivies, neuf ont été reconnues coupables des infractions mises à leur charge, tandis qu’un accusé a été relaxé pour insuffisance de preuves.

́’’Le tribunal a estimé, au regard des éléments contradictoirement débattus devant lui, que les accusés poursuivis pour meurtre devaient être condamnés à 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté de cinq ans. Ceux poursuivis pour complicité ont été condamnés à 10 ans de réclusion criminelle, avec également une période de sûreté de cinq ans. Concernant deux autres personnes en fuite, le tribunal a estimé qu’aucune charge suffisante n’était établie contre elles et les a renvoyées des fins de la poursuite. Nous sortons de cette salle d’audience avec beaucoup de satisfaction, parce que nous ne réclamons pas la vengeance’’, s’est réjoui l’empereur des poursuites.
Du côté de la partie civile, le sentiment reste plus nuancé. Maître Ibrahima Kalil Kanté estime qu’il est difficile de se satisfaire pleinement d’une décision de justice dans une affaire ayant causé des pertes en vies humaines et des mutilations graves.

‘’Il y a eu mort d’hommes, il y a eu amputation d’hommes. La décision tente de réparer, mais certaines choses sont irréparables’’, a-t-il affirmé.
L’avocat regrette notamment le rejet par le tribunal de sa demande visant à faire supporter par l’État guinéen les frais liés à la prise en charge de Mamadi Condé, victime d’une amputation. Il envisage d’interjeter appel sur ce point. Par ailleurs, concernant les dommages et intérêts réclamés, Maître Kanté estime que le montant accordé demeure insuffisant au regard du préjudice subi.
La défense, de son côté, rejette également le jugement rendu et annonce son intention de saisir la Cour d’appel.

‘’Ce n’est pas une décision définitive. Le jugement rendu par le tribunal de première instance de Kankan peut être contesté. Nous ne sommes pas satisfaits de cette décision’’, a déclaré Maître Mohamed II Kourouma.
Selon lui, plusieurs accusés ont été condamnés alors que d’autres ont été renvoyés des fins de la poursuite pour absence de preuves suffisantes. Il estime que le jugement comporte des violations de la loi et annonce qu’un appel sera introduit dans les prochains jours.
Avec les recours annoncés aussi bien par la défense que par une partie des représentants des victimes, cette affaire judiciaire est encore loin de connaître son épilogue. La Cour d’appel sera appelée à se prononcer sur les différents griefs soulevés contre le verdict du tribunal criminel de Kankan.
Affaire à suivre.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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