L’émotion était au rendez-vous ce samedi lors de la présentation à la presse nationale et internationale du prestigieux Prix Mohamed Maïga du journalisme d’investigation africain, décerné au journaliste guinéen Habib Marouane Camara. En l’absence du lauréat, porté disparu depuis plus d’un an et demi, c’est son épouse, Mariama Lamarana Diallo, qui a reçu la distinction en son nom.
Face aux journalistes, elle est revenue sur les circonstances dans lesquelles elle a appris la nouvelle de cette récompense internationale, évoquant un mélange de soulagement, de tristesse et d’espoir.
« C’était vraiment un moment inattendu, mais aussi un moment important », a-t-elle confié. Selon elle, l’annonce de cette nomination est intervenue après dix-huit mois sans nouvelles de son époux, une période qu’elle décrit comme particulièrement éprouvante pour la famille.
« Rester sans nouvelles d’un homme, d’un père de famille durant tout ce temps nous plonge dans une situation très difficile. Cette nouvelle est arrivée comme un souffle d’espoir », a-t-elle expliqué.
Partagée entre la joie de voir le travail de son mari reconnu à l’international et la douleur de devoir recevoir elle-même le trophée, Mariama Lamarana Diallo reconnaît avoir vécu des sentiments contradictoires.
« J’aurais voulu que ce soit lui qui reçoive ce prix. Malheureusement, cela n’a pas été le cas », a-t-elle regretté.
Invitée à la cérémonie de remise du prix, elle dit avoir été profondément touchée par l’accueil réservé à la mémoire et au parcours professionnel de son époux. Sur place, elle affirme avoir constaté l’attachement de la communauté internationale de la presse à Habib Marouane Camara.
« La presse internationale m’a fait comprendre qu’elle était là pour Habib Marouane Camara. Ils ne l’ont pas oublié et l’ont démontré à travers leurs actes », a-t-elle déclaré.

Le moment le plus marquant de son séjour reste, selon elle, l’instant où le nom du journaliste guinéen a retenti dans la salle de cérémonie.
« Entendre le nom d’Habib Marouane Camara résonner dans cette salle a été un moment de grande émotion. J’étais en pleurs et il m’a fallu quelques minutes pour me ressaisir avant de prononcer mon discours », a-t-elle raconté.
Au-delà de la distinction reçue, l’épouse du journaliste affirme retenir surtout la reconnaissance dont bénéficie son mari bien au-delà des frontières guinéennes.
« Cette étape m’a permis de comprendre à quel point mon mari compte, aussi bien ici qu’à l’international », a-t-elle souligné.
Mariama Lamarana Diallo a conclu son intervention par un appel empreint d’espoir, exprimant son souhait le plus cher : revoir son époux afin de partager avec lui cette reconnaissance internationale.
« Aujourd’hui, mon souhait le plus ardent est qu’il revienne. Il nous manque et nous souhaitons tous qu’il soit là pour célébrer ce prix avec nous », a-t-elle déclaré avec émotion.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
