La tension sociale monte d’un cran dans la capitale de la Moyenne-Guinée, près de trois semaines après la tenue du double scrutin législatif et communal du 31 mai 2026. Ce vendredi 19 juin 2026, de nombreux agents électoraux se sont massivement mobilisés devant le siège de la préfecture de Labé pour exiger le paiement immédiat de leurs primes de vote, dénonçant un traitement inéquitable et un mutisme des autorités locales.
Une promesse de 72 heures non tenue
Alors que le Parquet Général de Conakry s’active pour verrouiller la communication autour des résultats électoraux et que les institutions s’apprêtent à s’installer, la logistique financière de la Direction Générale des Élections montre des signes de défaillance à la base. Les contestataires affirment avoir rempli leur mission civique lors du scrutin à scrutin multiple (communales, uninominales et plurinominales) sous la promesse d’un règlement rapide.
Talibé Bachir Traoré, coordinateur du mouvement de contestation, a lu les termes de leur mémorandum devant les grilles de la préfecture.

« Conformément aux engagements qui nous avaient été communiqués, nos indemnités devaient être versées dans un délai de 72 heures après la fin des opérations. Mais malheureusement, plus de deux semaines après l’accomplissement de notre mission, aucun paiement n’a encore été effectué en faveur des membres des bureaux de vote de la commune urbaine de Labé », a-t-il déclaré.
Deux poids, deux mesures : Les sous-préfectures déjà payées
Ce qui irrite particulièrement les manifestants de la commune urbaine, c’est le manque de cohérence administrative dans la distribution des fonds. Selon le mouvement, les agents déployés dans plusieurs sous-préfectures environnantes, notamment à Garambé, ont déjà touché l’intégralité de leurs indemnités.
Cette situation de blocage localisé engendre une « profonde incompréhension » et une suspicion de détournement ou de rétention de fonds au niveau de la commune urbaine, d’autant plus que le Directeur préfectoral chargé des élections, interrogé par les médias, a catégoriquement refusé de s’exprimer ou de justifier ce retard.
Ultimatum et marche pacifique annoncée pour le lundi 22 juin
Face à ce silence administratif, les agents électoraux passent à l’offensive supérieure. Un avis de manifestation citoyenne et pacifique a été formellement déposé auprès du Préfet et du Gouverneur de la région administrative de Labé pour le lundi 22 juin 2026, à partir de 10 heures.
L’itinéraire de la protestation a déjà été planifié pour maximiser l’impact visuel dans la cité. Si le top départ du rassemblement, c’est au Rond-point de la Banque Centrale de Labé, le trajet quant à lui sera du Bloc administratif, puis la descente sur le tronçon menant au grand marché. Le tout sera bouclé devant le Gouvernorat de région et le sit-in final devant la mairie de Labé.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
