Un nouveau chapitre administratif s’ouvre pour le poumon aurifère de la Haute-Guinée. Nommés par un arrêté récent du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général de brigade Ibrahima Kalil Condé, le nouveau préfet par intérim, le Colonel Fayimba Mara, et plusieurs hauts cadres ont officiellement pris leurs fonctions ce dimanche 14 juin 2026.

La cérémonie, qui s’est tenue dans la salle de conférence Général Sékouba Konaté, a été le théâtre d’une mise en garde solennelle des notables locaux contre l’exploitation minière sauvage.
Une nouvelle équipe pour redresser l’administration locale
Sous la préservation et l’arbitrage du Gouverneur de la région administrative de Kankan — qui venait à peine de clore la 86e édition de la Grande Mamaya —, l’ossature de commandement de Siguiri a été entièrement renouvelée :
Colonel Fayimba Mara : Préfet par intérim.
Alphonse Haba : Secrétaire général.
Mamadi HDM Condé : Chef de cabinet.
Djaka Cissé : Directrice préfectorale de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (DPATD).
L’équipe sortante cède également la place à Aboubacar Yayi Camara (directeur des micro-réalisations) et Siriman Keïta (chargé de l’organisation des collectivités).
Le cri de détresse du patriarche : Siguiri asphyxiée par « un million de poclains »
L’événement a été marqué par l’intervention coup de poing d’Elhadj Dramane Magassouba, le doyen d’âge et patriarche de Siguiri. Loin des amabilités protocolaires, le sage a profité de la tribune pour remercier le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, d’avoir limogé l’ancienne équipe, accusée de complicité dans la destruction écologique de la préfecture.

« Nous remercions sincèrement le président de la République pour avoir enlevé Siguiri de l’esclavage. Si tu rentres dans la brousse à Siguiri aujourd’hui, tu vas pleurer tellement l’environnement est détruit, tous nos cours d’eau sont anéantis, les arbres brisés par l’activité des machines poclains. C’est pourquoi la chaleur qui sévit cette année n’a jamais été vue auparavant », a-t-il fustigé.
Saluant la mémoire et le courage des jeunes activistes locaux arrêtés ou violentés ces derniers mois pour avoir dénoncé l’orpaillage clandestin et l’usage d’engins lourds, le doyen a dressé un parallèle glaçant avec le destin de Banankoro, ancienne capitale du diamant aujourd’hui ruinée.
Un avertissement sans détour aux nouveaux promus
En guise de conseils de bienvenue, le doyen de Siguiri a lancé une mise en garde métaphorique mais limpide au Colonel Fayimba Mara et à ses hommes, faisant écho à la fermeté actuelle de l’État guinéen (illustrée récemment par les vagues d’arrestations de médecins illégaux opérées par le TPI de Siguiri à Doko et Tonson).
« Vous, les nouveaux promus, c’est vous qui savez comment vous comporter. On n’a rien à vous dire, vous savez comment les autres sont partis. Parce qu’ici, l’aveugle ne tombe pas dans les trous, sauf ceux qui ont des yeux », a-t-il mis en garde.
La balle est désormais dans le camp de la nouvelle équipe intérimaire. Alors que la Guinée entre de plain-pied dans l’hivernage et que le ministère de l’Assainissement multiplie les opérations de curage des cours d’eau à travers le pays pour éviter les inondations, le Colonel Fayimba Mara devra faire de la régulation environnementale et de la lutte contre l’orpaillage destructeur sa priorité absolue s’il veut s’assurer le soutien de la population de Siguiri.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
