Le Collectif des Personnes en Situation de Handicap Diplômées Sans Emploi a animé un point de presse ce mercredi 10 juin 2026, à la Maison de la Presse de Conakry. Objectif : interpeller les autorités sur la question de leur insertion professionnelle. À travers une déclaration lue par le président du CPHD, les membres du collectif ont lancé un appel en faveur d’une meilleure prise en compte de leur droit à l’emploi.
Placée sous le thème « Derrière notre handicap, il y a un diplôme, un rêve et une dignité, nous appelons l’État à agir maintenant pour garantir notre droit à l’emploi », cette rencontre a mis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes handicapées diplômées malgré leurs qualifications.

Dans sa déclaration, le collectif rappelle que son intervention « n’est pas une révolte mais un appel républicain » fondé sur la justice sociale, la dignité humaine et l’égalité des chances. Il souligne que de nombreuses personnes en situation de handicap ont poursuivi leurs études dans des conditions particulièrement difficiles, marquées notamment par « des moqueries, du rejet ainsi que des obstacles physiques et financiers ».
Selon les responsables du collectif, malgré les diplômes obtenus et les compétences acquises, ces citoyens restent marginalisés et sans emploi. Ils affirment défendre l’idéal d’une Guinée inclusive où chaque personne en situation de handicap diplômée peut servir son pays avec dignité, tout en rejetant toute logique d’assistanat.
« Le handicap n’enlève ni l’intelligence, ni les compétences, ni le patriotisme », ont-ils insisté, réaffirmant qu’ils réclament avant tout des opportunités et la reconnaissance de leurs capacités professionnelles.
Le collectif a également adressé plusieurs doléances aux autorités. Au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, il demande un « regard compatissant » sur leur situation et sollicite une audience. Au Premier ministre, Amadou Oury Bah, présenté comme le Parrain national des personnes en situation de handicap, il est demandé de veiller à l’application effective des textes relatifs aux droits des personnes handicapées, notamment en matière d’employabilité.
Les membres du collectif interpellent également la ministre Patricia Adeline Lamah afin qu’elle porte leur voix auprès du chef de l’État et des autres membres du gouvernement.
Le collectif invite enfin les personnes en situation de handicap diplômées à conserver « l’espoir, le courage et l’esprit de combattant ».
Présente à cette conférence de presse, Nancy Rose, responsable genre et équité de la FEGUIPA, a lancé un appel au président de la République en faveur des personnes handicapées.
« Je voudrais aussi demander à M. le Président de la République, chef de l’État, son Excellence M. Mamadi Doumbouya, pour qu’il pense à la situation des personnes handicapées. Quand tu es handicapée, pour suivre tes études, tu es confronté à beaucoup de difficultés. Et si tu acceptes, quand tu te sacrifies, de faire tes études, à la fin de ton cursus scolaire, que tu aies un diplôme, l’État a le devoir de te trouver un travail. Si on ne veut pas que ces handicapées-là aillent grossir les rangs des mendiants », a-t-elle déclaré.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
