C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Souleymane DIALLO, survenu ce lundi au Canada.
La Guinée perd aujourd’hui l’une de ses grandes voix: un homme de parole, de caractère et de conviction, dont l’engagement pour la vérité, la liberté de la presse et le progrès démocratique de notre pays restera gravé dans les mémoires.
J’ai eu le privilège de côtoyer Souleymane Diallo à différentes étapes importantes de notre histoire nationale. D’abord en tant qu’activiste de la société civile, lors des événements de janvier-février 2007, puis à l’occasion des tragiques événements du 28 septembre 2009. À cette époque, je faisais partie de cette jeunesse pleine d’espoir dont il encourageait les initiatives et les prises de parole audacieuses. Il savait écouter, conseiller et inspirer, tout en restant fidèle à ses principes.
Par la suite, en ma qualité de jeune médecin et membre du Conseil National de Transition (CNT) en 2010, sous la conduite de Madame Hadja Rabiatou Serah Diallo, j’ai eu l’honneur de travailler à ses côtés. Ensemble, nous avons contribué à la défense et à la promotion de réformes majeures en faveur de la liberté de la presse et de la consolidation de l’État de droit. Je garde notamment le souvenir de nos combats pour la dépénalisation des délits de presse, la transformation du Conseil National de la Communication (CNC) en Haute Autorité de la Communication (HAC), ainsi que l’adoption de la loi sur l’accès à l’information publique.
Koto Souleymane, votre intelligence, votre intégrité et votre passion inébranlable pour la vérité ont toujours guidé vos actions. Vous avez su préserver votre indépendance d’esprit dans un environnement souvent marqué par les pressions et les compromis. Ni l’amitié, ni les liens familiaux, ni les intérêts particuliers n’ont jamais altéré votre attachement aux valeurs que vous défendiez.
Au-delà du journaliste reconnu, je retiens surtout l’homme profondément humain, respectueux, généreux et sincère. Une personnalité dont la constance dans les principes forçait l’admiration et inspirait le respect.
Nous nous estimions et nous nous appréciions mutuellement. En ce moment de douleur, j’adresse mes sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses confrères journalistes ainsi qu’à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et de travailler à ses côtés.
Que le Tout-Puissant Allah lui accorde Sa miséricorde infinie, veille sur sa famille et l’accueille dans Son Paradis éternel.
Cher Koto Souleymane, vous avez servi la Guinée avec honneur, dignité et désintéressement, sans abus ni excès. Votre héritage demeurera vivant dans les générations que vous avez inspirées et dans les avancées démocratiques auxquelles vous avez contribué.
La terre de Guinée vous sera reconnaissante. Qu’elle vous soit légère et que vous reposiez en paix dans ses entrailles.
Amen.
Dr Dansa Kourouma.
