Le bras de fer politique entre le Palais de la République et la Cité Keur Gorgui prend une tournure dramatique. Moins de 48 heures après la démission du président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, la perspective de voir Ousmane Sonko — fraîchement limogé de la Primature — s’installer immédiatement au Perchoir provoque une vague d’indignation. Figure emblématique de la société civile africaine, Alioune Tine est monté au créneau ce lundi 25 mai 2026 pour dénoncer une dérive républicaine inédite
Le « cumul chronologique » : Une entorse à l’éthique démocratique
C’est une véritable charge qu’a menée le fondateur du think-tank Afrikajom Center. Pour lui, le scénario échafaudé en coulisses par le parti PASTEF, consistant à réintégrer Ousmane Sonko au Parlement ce mardi pour l’élire immédiatement à la tête de l’institution, constitue un précédent dangereux pour le principe sacré de la séparation des pouvoirs.
« Il y a un vrai problème pour l’état de droit, la séparation des pouvoirs si le matin on sort Premier ministre et être le soir Président de l’Assemblée nationale. Ça ne pose pas simplement un problème de droit, c’est un problème d’éthique politique, démocratique et républicaine », a martelé le défenseur des droits humains.
Menace d’ingouvernabilité et « escalade suicidaire »
Face à l’accélération brutale des événements — le Bureau de l’Assemblée s’étant réuni en urgence ce week-end pour caler le vote —, Alioune Tine tire la sonnette d’alarme sur les risques de paralysie totale de l’État. Si le leader du PASTEF s’empare du pouvoir législatif alors que le président Bassirou Diomaye Faye tente de rebâtir un gouvernement, le Sénégal entrera dans une zone de turbulences extrêmes.
Invoquant l’élégance et les valeurs républicaines, il exhorte les acteurs à rompre avec la politique des blocs.
« Il faut arrêter cette course infernale vers le précipice, arrêter cette escalade suicidaire. […] Prendre du recul, stopper immédiatement cette installation décidée dans l’émotion et la précipitation d’un nouveau président de l’Assemblée et dialoguer, trouver des compromis pour éviter l’ingouvernabilité », a-t-il lancé.
Un appel direct « au sens de la palabre » d’Ousmane Sonko
Dans un plaidoyer vibrant et fraternel, Alioune Tine a choisi de s’adresser directement et personnellement à l’ancien Premier ministre, l’invitant à ne pas céder au ressentiment après son éviction du gouvernement.
« Pour une démocratie du consensus et de la palabre, pour l’intérêt supérieur de la Nation, pour la paix et la stabilité, je te prie cher Ousmane Sonko de tout arrêter et de donner la chance au dialogue et à la concertation pour sortir de la crise la tête haute », a-t-il invité.
Cet avertissement de ce leader de la société civile sénégalaise retentit bien au-delà des frontières du pays, rappelant la fragilité des équilibres démocratiques en Afrique de l’Ouest.
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