Le constat est sans appel et vient du sommet de l’État. Après plusieurs tournées incognito dans les rues de Conakry, le président de la République a fustigé, lors du conseil des ministres du jeudi 7 mai 2026, l’état d’insalubrité « inacceptable » de la capitale. Il a ordonné une riposte immédiate incluant les forces de défense.
Des sorties en « véhicule banalisé » pour voir la réalité
C’est un Président aguerri au terrain qui s’est adressé à ses ministres. Pour se rendre compte des conditions de vie réelles de ses concitoyens, le Chef de l’État a effectué plusieurs déplacements personnels en véhicule banalisé. Ce qu’il a vu a motivé une colère froide.
Entre dépôts d’ordures sauvages à ciel ouvert dans les quartiers populaires, marchés asphyxiés par l’accumulation de déchets et infrastructures de transport rendues difficiles d’accès par l’encombrement des immondices, le constat du chef de l’Etat est sans appel.
L’approche de l’hivernage : Une urgence sanitaire
Le timing de cette sortie n’est pas fortuit. À quelques semaines de l’installation définitive de la saison des pluies, l’accumulation des déchets dans les caniveaux et sur les chaussées fait peser un risque sanitaire majeur (inondations, choléra, paludisme).
« Le président de la République a qualifié cette situation d’inacceptable, soulignant qu’elle représente un risque sanitaire réel », a rapporté Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement.
La militarisation de l’assainissement
Face à l’urgence, le Chef de l’État n’a pas seulement rappelé à l’ordre le Ministre de l’Assainissement. Il a instruit une mobilisation exceptionnelle. Mobilisation sans délai de toutes les entités de collecte et de gestion des déchets; Appui des forces de l’ordre et de l’armée pour dégager les zones les plus critiques et assurer le respect des règles d’urbanisme.
Appel au civisme
Le Président a pointé du doigt le déficit de comportement citoyen dans la gestion des ordures ménagères.
Un test pour le gouvernement Bah Oury
Cette instruction présidentielle intervient quelques jours seulement après la signature des contrats de performance par les membres du gouvernement. Pour le ministre en charge de l’assainissement, il s’agit là du premier test grandeur nature de sa capacité à produire des « résultats concrets », tels qu’exigés par le Premier ministre.
Alors que Conakry s’apprête également à vivre des échéances électorales cruciales le 31 mai, la propreté de la ville devient un enjeu de stabilité et de santé publique prioritaire.
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