À Kolaboui, dans la préfecture de Boké, une vive polémique secoue la scène locale autour d’un présumé détournement de 16 motos offertes aux jeunes par la société UMS. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans un contexte déjà sensible marqué par des interrogations sur la gestion de la cité minière et les retombées des activités extractives pour les communautés locales.
Face à la montée des accusations, le président du district central de Kolaboui et candidat aux prochaines élections communales du 24 mai prochain à la mairie, Algassimou Kaba, a décidé de réagir publiquement. Dans une déclaration, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés, dénonçant une « campagne de calomnie, de diffamation et de haine ». Il affirme être prêt à « rompre le silence » et à apporter toutes les clarifications nécessaires sur la gestion des 16 motos ainsi que sur les contrats liés à la cité minière.

Dans cette optique, le candidat propose l’organisation d’un débat public contradictoire. Il invite à y prendre part plusieurs acteurs locaux, notamment la commission de gestion des motos, l’union des entrepreneurs de Kolaboui, ainsi que le Conseil national de la jeunesse locale (CNJL), afin de garantir la transparence des échanges.
« Je veux un face-à-face pour que toute la vérité soit dite devant témoins », a-t-il lancé, mettant au défi ses accusateurs de produire des preuves.
Algassimou Kaba va encore plus loin en liant son avenir politique à l’issue de cette affaire. Il promet de se retirer de la course à la mairie si son implication venait à être établie. À l’inverse, il prévient que des poursuites judiciaires pour diffamation et atteinte à l’honneur seront engagées contre toute personne ayant propagé de fausses informations à son encontre.
Cette affaire intervient dans un climat local déjà tendu, où la gestion des ressources issues de l’exploitation minière, notamment à Kolaboui, suscite régulièrement débats et frustrations au sein des populations. Les attentes des jeunes, souvent bénéficiaires annoncés de projets sociaux comme la dotation en motos, renforcent la sensibilité autour de ce dossier.
Pour l’heure, aucune enquête officielle n’a été rendue publique concernant la disparition des motos. Toutefois, l’appel à un débat public et la fermeté affichée par le candidat pourraient contribuer à faire évoluer la situation, dans l’attente d’éventuelles clarifications judiciaires ou administratives.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
